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"Une douleur vivante": au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, son épouse parle de son "Fede"

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"Une douleur vivante": au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, son épouse parle de son "Fede"

Dignité. Il est toujours difficile, dans un procès d’assises, de trouver le bon mot, le mot juste. Mais pas cette fois, pas après avoir écouté Maria Aramburu. Ce vendredi 18 septembre, la veuve de l’ancien international de rugby a pris la parole au dixième jour d’audience du procès de l’assassinat de son mari. Elle dit y attendre "de la bonne foi, de la cohérence, de la responsabilité".

Veste bleue sur chemise blanche, Maria Aramburu s’approche de la barre. "Je pourrais parler deux heures de Federico, mais je pense que tout a été évoqué. Je confirme bien sûr tout ce qui a été dit par les amis, les témoins et sa maman."

Les traits de son visage sont marqués, sa voix est douce. "Cette semaine, on a pas mal évoqué le thème de l’enfant, et surtout comment une blessure dans l’enfance peut avoir de lourdes conséquences plus tard dans la vie d’un adulte", poursuit la mère de trois enfants. Sa voix se serre. Les larmes coulent.

"On a parlé du choc, du traumatisme, de la sensation d’abandon", égrène Maria Aramburu, en référence aux traumatismes passés de Loïk Le Priol et Romain Bouvier , respectivement jugés pour "assassinat" et "tentative d’assassinat", longuement évoqués depuis l’ouverture de ce procès.

"Je vous rappelle l’existence de mes trois enfants. Lesquels ont vécu un traumatisme avec la mort de leur père", reprend-elle. "J’aimerais donc vous rappeler leur existence." L’âge de ses enfants à la mort de leur père résonne dans la salle Voltaire: "Ils avaient 10 ans, 8 ans et 2 ans."

Maria Aramburu parle de cette douleur qui les accompagne depuis cette funeste nuit du 18 au 19 mars 2022 où Federico Martin Aramburu a été abattu par balles en plein Paris. "Elle n’est pas figée à cette nuit-là. C’est une douleur qui est partie pour rester pour la vie, pour toute leur vie", appuie-t-elle.

"C’est une douleur vivante, évolutive. Le plus jeune avait 2 ans", rappelle-t-elle. En début de semaine, la femme de Shaun Hegarty, ami et associé de l’ex-rugbyman présent la nuit des faits, avait rapporté à la cour le besoin du plus jeune de savoir où était son père.

Maria Aramburu raconte à son tour l’explication qui réconfortait son petit garçon: "La théorie du dinosaure qui l’a mangé." Il lui a fallu trouver d’autres théories encore quand celle du dinosaure ne réconfortait plus suffisamment l’enfant grandissant.

"On est passé par la théorie de l’accident de voiture, des méchants qui ont fait des bobos à papa", égrène Maria Aramburu. "Aujourd’hui, il a 7 ans et il parle d’assassin. Comment, à cet âge, peut-il devoir gérer cette information et cette blessure?"

Une blessure qui, si elle devait le rappeler, accompagnera ses trois enfants toute leur vie. Loïk Le Priol baisse la tête. Maria Aramburu, elle, rappelle ô combien cette journée du 18 mars 2022 avait été importante dans la vie de son époux de 42 ans.

Pour le lui apprendre, son mari lui avait envoyé une photo. "Un selfie avec un poing levé, avec écrit "Vamos". J’ai compris que l’accord pour la Coupe du monde était réussi", se rappelle Maria Aramburu. Il s’agira de leur dernier échange.

En fait, Maria Aramburu ne souhaite pas que l’on voie son mari comme un surhomme.

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