Cette américaine a fondé le ministère de la Sieste. Son essai est un manifeste contre le « lavage de cerveau »
À le lire, on est soufflé par la liberté qu’il dégage. L’autrice est une artiste, théologienne et activiste afro-étasunienne, qui travaille sur l’afroféminisme et les traumatismes culturels ; elle est la fondatrice du ministère de la Sieste, consacré à promouvoir le repos. Sa doctrine « Rest is Resistance » est un pied de nez à la Grind Culture, autrement dit la culture de la broyeuse capitaliste, qui « a la main sur toutes les facettes de nos vies ». C’est pendant ses études que l’autrice, épuisée, commence à siester partout, dès qu’elle le peut, ressentant « tous les jours dans [s] on corps ce que cela voulait dire de n’être qu’un rouage de la machine, de supporter le rythme effréné de notre société » .
Elle comprend qu’on lui a imposé dès l’enfance « un standard de perfection irréaliste » . Elle refuse alors de « pousser son corps à la destruction » et décide de sauver sa vie « en plongeant dans la douceur » , avant d’imaginer un collectif où d’autres la rejoindraient. « Si nous ne prenons pas pleinement conscience d’être sacré.es parce que vivant.es, le lavage de cerveau ne s’arrêtera jamais » , écrit-elle. Le sommeil devient ainsi, sous sa plume, une question de « santé publique comme de spiritualité » . Le repos, suggère-t-elle, passe avant tout par « la connexion et la reconquête de notre dimension sacrée » .
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Tour à tour, l’autrice évoque la peur, le manque, le plaisir, la joie, la libération des injonctions ; elle convoque son histoire, ses ancêtres, ses expériences de siestes collectives, ce « système violent et dépourvu d’amour » qu’il s’agit de court-circuiter. On referme le livre ragaillardi, prêt à expérimenter. « Que le portail de notre repos soit notre refuge et que nous puissions nous y rendre souvent. »
Reposez-vous ! ( Rest is resistance. A manifesto ) de Tricia Hersey, traduit de l’anglais (États-Unis) par Harriet de G., 192 p., Leduc/Les Renversantes, 17 €.
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