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En pleine sécheresse, les golfs anglais attirent les blaireaux

Ouest-France ·
En pleine sécheresse, les golfs anglais attirent les blaireaux

Des mottes herbues racines à l’air ; des galeries zigzagantes ; des trous non réglementaires… La panique gagne les propriétaires de « greens » britanniques. Partout, du Suffolk au Worcestershire, les plaintes fleurissent contre les blaireaux , accusés d’avoir dévasté un nombre inédit de parcours de golf, en l’espace de quelques semaines.

Pas de hasard. Si blaireau soit-il, le petit mammifère fait preuve de débrouillardise. En cet été torride, gratter la terre dure comme la pierre pour y dégotter des larves, des lombrics ou des hannetons est devenu un enfer. Difficile, dans ces conditions, de résister aux affriolantes étendues de gazon des terrains de golf… Car eux sont restés relativement verts, en vertu d’un arrêt de 2010 sur les restrictions d’eau, qui autorise l’arrosage des parcours sportifs.

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Cela n’a pas échappé aux blaireaux , résume stoïquement dans le journal Telegraph le bien nommé Tim Green, gérant du Greenfield Golf Club de Wolverhampton dans le Staffordshire (centre). Quatre parcours y ont été ravagés début août. Les dégâts sont tels que les golfeurs sont autorisés à déplacer leurs balles vers une zone intacte si d’aventure elle atterrit sur du gazon arraché , explique Tim Green.

Pour effaroucher les fouineurs à quatre pattes, il a aussi fait installer des éclairages nocturnes entre les trous. Sur leur terrain découvert un matin dévasté, comme un champ labouré , ses collègues du golf de Clare Park Lake, à Sudbury (sud-est), ont aussi sorti les grands moyens : lumières clignotantes, filets anti-intrusions, émission d’ondes répulsives… Nous voulons juste les dissuader de faire des bêtises tout en respectant le fait qu’ils vivent aussi ici », s’excuse presque la propriétaire des lieux, Susan Moore, sur la BBC.

Susan Moore sait le sujet sensible. Dans les médias britanniques, le saccage des terrains fait débat. Loin de blâmer les blaireaux, beaucoup pointent la dérogation accordée aux golfs pour arroser leurs parcours bien que l’alerte « sécheresse » touche la totalité du Pays de Galles et les trois-quarts de l’Angleterre. Du jamais vu depuis les premiers relevés en 1836… Une modification urgente de la loi [sur l’eau] s’impose », tranche le journal Guardian. Tant pis si les Britanniques doivent renoncer à leur golf sacré et les blaireaux à leur gazon nourricier.

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