ANALYSE. À Valence, Mélenchon étrille ses adversaires, mais ménage la gauche
Jean-Luc Mélenchon gagne encore à l’applaudimètre. Avec 10 000 personnes présentes dimanche matin au meeting de clôture de ses journées d’été , LFI s’offre une nouvelle démonstration de force. Aucun autre parti ou mouvement politique n’est capable de rassembler autant à ce stade de la campagne. Ni ne donne l’impression d’être aussi prêt, organisé et mobilisé pour la mener que les Insoumis.
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Fort de ce constat, « la victoire est possible » et « la France Insoumise est prête à gouverner dès 2027 » assure Jean-Luc Mélenchon sous le soleil de la Drôme. « Des changements radicaux, concrets et réalistes sont devenus possibles parce que le programme existe et qu’il s’appelle l’Avenir en commun », promet le candidat des Insoumis.
Le cœur de son court discours - 45 minutes chrono - porte sur l’urgence écologique (création d’éco-régions redessinées à partir de la carte des bassins versants, mise en place d’une « garde régionale de la sécurité civile constituée par conscription » contre les incendies, interdiction de la « loi Duplomb-poison » sur les pesticides…) et tape à bras raccourcis sur les deux quinquennats du président sortant, dont le départ « est désormais attendu de tous côtés comme une libération ».
Pour le candidat Insoumis, « Macron, Philippe, Attal ont été irresponsables » et l’économie française « va plonger à la rentrée car Lecornu prépare un nouveau budget de coupes qui va aggraver tous les maux ». Les Insoumis le censureront et remettront « de l’ordre dans les comptes publics » une fois élus, par l’ISF, la taxe sur les superprofits, l’augmentation des salaires et en obligeant la Banque centrale européenne à « mettre au congélateur les dettes des États ».
Au fil du discours, le « jeune homme » Gabriel Attal, dépeint en auteur de « sketchs » , est celui qui en prend le plus pour son grade. Bruno Retailleau n’est nommé qu’une fois, tout comme l’actuel Premier ministre, et Marine Le Pen à peine plus qu’Edouard Philippe. Autant d’adversaires rangés dans un même sac : « À l’Assemblée, nous voyons la grande conversion de la droite et du centre en un bloc idéologique unique avec le Rassemblement national. Ils sont là les enfants de ceux qui, nous voyant nous avancer vers la victoire, commencent déjà à se dire “Plutôt Hitler que le Front populaire” ! »
Sur ses détracteurs à gauche, en revanche, pas un mot. Rien sur Les Écologistes , le PC, Place Publique ou le PS, si ce n’est une pique furtive à l’endroit de François Hollande . Comme s’il ne fallait pas insulter l’avenir. « À la présidentielle, le plus important, ce n’est pas le nombre de candidatures, l’Histoire l’a prouvé. Il y en a toujours eu beaucoup à gauche depuis 1974, y compris les deux fois où on a gagné. Ce qui compte, c’est le nombre d’électeurs. »
Pour en gagner, le candidat de la gauche radicale promet qu’il ne mettra pas d’eau dans son vin : « La rupture programmatique et gouvernementale doit être nette, claire ».
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