Dentifrices, testostérone, tests hormonaux… Les traitements farfelus pour la ménopause se développent, un marché lucratif mais contesté par les médecins
Face au manque d’information et aux difficultés d’accès aux soins, les offres commerciales se multiplient pour soulager les symptômes de la ménopause. Mais derrière les tests hormonaux, les compléments alimentaires et les traitements présentés comme miraculeux, les preuves scientifiques restent souvent insuffisantes, alertent les professionnels de santé. Tests pour identifier la périménopause, compléments alimentaires contre les bouffées de chaleur, testostérone pour booster la libido : face à des insuffisances d'information ou d'accès aux soins, un marché lucratif s'est développé autour de la ménopause, malgré des bénéfices souvent incertains.
Longtemps circonscrite à la sphère privée, la ménopause est rentrée en France dans "la sphère publique, voire politique", constate Yveline Ansaldi, gynécologue médicale à l'hôpital privé Saint-Joseph à Paris. Malgré cette "levée du tabou" , les femmes "restent peu informées sur le sujet et on doit souvent reprendre toutes les bases en consultation", regrette-t-elle.
Les femmes se retrouvent "bien seules" face à "des informations contradictoires" et des professionnels qui souvent, "faute de formation, ne proposent pas de prise en charge", pointait en 2025 un rapport de Stéphanie Rist, alors députée macroniste. Désormais ministre de la Santé, elle est à l'initiative des premières Assises de la ménopause, ce jeudi.
En France, la ménopause concerne plus de 17 millions de femmes de plus de 45 ans. Synonyme médicalement de fin de l'activité ovarienne et de l'arrêt des cycles menstruels, elle peut avoir plusieurs répercussions : symptômes invalidants, risque d'apparition de pathologies futures (ostéoporose, risques cardiovasculaires, cognitifs…).
Selon une étude auprès de 5.000 femmes de 50 à 65 ans au CHU de Toulouse, dévoilée en 2022, 87% de celles sans traitement ressentent au moins un symptôme de ménopause (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, douleurs articulaires, troubles dépressifs, du sommeil, de concentration), avec parfois un impact important sur leur qualité de vie.
Ces dernières années, un nombre croissant de produits promettant aux femmes une aide pour traverser cette phase ont été commercialisés, souvent accueillis avec réserve par les professionnels de santé.
Pour aider au diagnostic du passage à la ménopause, des laboratoires et entreprises proposent par exemple des tests - sanguins ou urinaires - analysant les taux d'hormones. Ces tests sont "inutiles", car le taux d'hormone fluctue pendant cette période, ne permettant pas leur interprétation, affirme Anna Gosset, gynécologue médicale au centre spécialisé dans la prise en charge de la ménopause au CHU de Toulouse.
Des compléments alimentaires - principalement à base de phytoestrogènes - sont aussi régulièrement vantés contre plusieurs symptômes. S'ils peuvent aider certaines femmes, "aucun n'a fait l'objet d'études d'un niveau de preuve suffisant confirmant leur efficacité", note le Dr Gosset.
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