L'aéronautique, l'un des derniers secteurs où la Chine n’est pas (encore) championne
En l’espace d’une trentaine d’années, la Chine est passée du statut d’usine du monde , produisant en masse des biens bon marché qu’elle exportait aux quatre coins de la planète, à celui d’innovateur et de leader dans des technologies de plus en plus complexes.
Des batteries aux véhicules électriques , en passant par les panneaux solaires , rares sont les domaines où elle n'a pas la mainmise.
Un secteur fait tout de même encore de la résistance : l'aéronautique.
Le 12 août dernier, l'avion moyen-courrier de l'entreprise d'Etat Comac, baptisé C919 , a effectué pour la première fois un vol commercial à l'international entre Pékin et Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie.
Par le passé, ce nouveau challenger avait déjà traversé la frontière chinoise pour être présenté à des salons à Dubaï et Singapour.
Une première étape symbolique, donc, pour cet appareil censé rivaliser avec le Boeing 737 Max et l'Airbus A320neo.
Comme ses deux concurrents, le C919 est un avion mono couloir destiné principalement aux vols d’une durée maximale d’environ quatre heures.
"Dans les vingt prochaines années, les trois quarts des avions livrés dans le monde seront de ce type.
Pourquoi ? Parce que la démocratisation du transport aérien se fait d'abord par des vols courts et moyen-courriers", soutient Paul Chiambaretto, professeur à la Montpellier Business School et directeur de la chaire Pégase sur l’économie et le management du transport aérien .
La comparaison s'arrête là.
Dans les faits, l'écart avec le duopole occidental reste abyssal.
L'aéronautique est pourtant une priorité de l'Etat chinois depuis la fin des années 1970.
"Le gouvernement central promeut notamment le concept de New quality productive forces [NDLR : Nouvelles forces productives de qualité], qui accorde une place importante à la fabrication haut de gamme.
L’aviation commerciale s’inscrit pleinement dans cette ambition : elle ne se limite pas à la construction d’avions, avec Comac, mais contribue aussi à faire progresser les capacités de conception, d’ingénierie et de production de l’ensemble de l’écosystème industriel", détaille Shuai Jiang, directeur adjoint au sein du cabinet Alton Aviation Consultancy.
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