Comment favoriser une réindustrialisation verte, au bénéfice des finances publiques et de la prospérité de la France
Un mouvement extrêmement timide de réindustrialisation s’est amorcé en France depuis 2022, après un quart de siècle de désindustrialisation rapide.
En dépit des discours et annonces gouvernementales, le mouvement d’ouvertures de nouvelles usines est resté limité en 2024-2025 et, compte tenu des fermetures d’usines, le solde de création nette de nouvelles unités de production sur la période 2022-2026 reste minuscule et totalement insuffisant pour permettre, ne serait-ce qu’amorcer, une véritable réindustrialisation.
Alors que l’économie française stagne, avec une croissance annuelle moyenne de 1 % depuis 20 ans et un endettement public hors de contrôle , le renouveau de notre industrie est notre seule planche de salut si l’on veut simultanément permettre une croissance verte créatrice d’emplois bien rémunérés et un début de consolidation de nos finances publiques.
À la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, le pays a assisté, dans un état de sidération extrême, à deux automnes de discussion budgétaire en 2024 et 2025 qui ont confirmé la préférence de la classe politique pour le maintien d’un niveau très élevé de dépense publique et de déficit public pour 2025 et 2026.
Il est frappant de noter que l’ensemble de ces débats ont eu lieu comme si la France opérait en économie fermée et en supposant que les décisions budgétaires ne modifieraient pas les comportements des acteurs économiques, deux hypothèses radicalement fausses mais jamais remises en cause.
Il est notamment évident que les hausses d’impôts ne favorisent pas l’investissement productif et la création d’emplois.
Distribuer des richesses que l'on n'a pas créées engendre mécaniquement des déficits récurrents.
Ces déficits se traduisent par la montée d’un endettement de plus en plus insupportable.
C'est précisément la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui la France.
Dépense publique et désindustrialisation : les deux faces du décrochage français La dépense publique de la France a atteint 1 714 milliards d’euros en 2025, soit 57,2 % du PIB contre 57,0 % en 2024 et 56,8 % en 2023.
Elle a donc augmenté plus vite que la production de richesses en 2024 et 2025, notamment sous l’effet des intérêts sur la dette publique qui ont progressé de 11 % en 2025 pour atteindre 65 milliards d’euros.
A 57,2 % du PIB, la dépense publique française est supérieure de plus de 8 points de PIB à la moyenne pondérée du poids de la dépense publique dans les vingt autres pays de la zone euro, dont 5 points au titre de la protection sociale et déjà un demi-point de PIB de plus pour la charge d’intérêts.
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