Aux Etats-Unis, les entreprises d'IA en alerte face aux risques d'espionnage
Un dispositif d’enregistrement dissimulé dans du papier toilette, branché derrière un téléviseur : au cœur de la course à l’ intelligence artificielle , les méthodes d'espionnage les plus rudimentaires semblent rester d’actualité.
Le 9 octobre dernier, le FBI a arrêté Abdulrahman Alfozan, un ingénieur d’OpenAI soupçonné d’avoir installé un appareil d’écoute dans une salle de réunion de la direction, à San Francisco, rapporte un communiqué du ministère de la Justice.
Révélée le 13 octobre par la justice américaine, l’affaire intervient alors qu'OpenAI, propriétaire du modèle d’intelligence artificielle ChatGPT, affronte Apple devant les tribunaux, sur fond d’accusations réciproques de vol de secrets industriels.
"Une arrestation effectuée par le FBI ravive la crainte que des entreprises technologiques américaines n’emploient des espions", titre le Washington Post ce jeudi 15 octobre.
"Les risques de la main-d'oeuvre internationale" Ressortissant saoudien âgé de 35 ans, Abdulrahman Alfozan a été recruté en juillet 2025 chez OpenAI.
En dix ans de vie aux Etats-Unis, il a été ingénieur chez Meta , la maison mère de Facebook.
Sur le papier, Abdulrahman Alfozan "apparaissait comme un candidat idéal pour l’un des postes les plus convoités dans le domaine de l’intelligence artificielle au sein de la Silicon Valley", analyse le Washington Post .
Selon le département de la justice américain, la salle dans laquelle il aurait tenté de dissimuler son dispositif accueillait des discussions hautement confidentielles : recherches, discussions des futurs produits, relations commerciales et échanges avec les pouvoirs publics.
En parallèle, Abdulrahman Alfozan occupait également des fonctions de partenaire au sein d’un fonds de capital-risque voué au développement de l’écosystème technologique au Moyen-Orient.
Toujours selon le quotidien de D.C., son arrestation aurait suscité un "vif débat sur les risques potentiels liés à la main-d’œuvre internationale de la Silicon Valley".
Les immigrés constituent pourtant depuis longtemps la colonne vertébrale du secteur technologique américain dans la Silicon Valley.
Le journal rappelle aussi très justement que la semaine dernière, le président américain Donald Trump a décerné des distinctions nationales à six géants de la technologie pour leur contribution à l’innovation américaine.
Parmi leurs patrons, cinq étaient des immigrés, dont le cofondateur de Google , Sergey Brin, et le fondateur de SpaceX, Elon Musk .
L'avocat d'Abdulrahman Alfozan a toutefois souligné que son client n'était accusé que d'avoir enfreint une loi fédérale sur l'enregistrement, et non d'avoir volé des secrets commerciaux ou d'avoir agi en tant qu'agent étranger.
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