Et si on parlait neurodiversité plutôt qu'autisme
Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°953-954 , daté juillet-août 2026.
Trouble du spectre autistique, trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), troubles dyslexiques ou dyscalculiques… Selon le manuel de référence mondiale en matière de diagnostic psychiatrique, le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of mental disorders), il s'agit de troubles du neurodéveloppement qui "se manifestent précocement et entraînent une altération du fonctionnement personnel, social, scolaire ou professionnel ". Mais depuis la fin des années 1990 et les travaux de la sociologue australienne Judy Singer - qui se décrit elle-même comme "probablement quelque part sur le spectre autistique " -, le concept de neurodiversité s'est imposé, notamment du côté des associations de patients et de leurs familles.
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L'objectif : mettre en avant des différences de fonctionnement cognitif plutôt que des altérations, et déstigmatiser les personnes concernées. On parle aussi de neurodivergence ou de neuroatypie. Selon ses adeptes, il s'agit de militer pour plus d'inclusion, à travers l'adaptation de l'environnement scolaire et professionnel à ces différences, plutôt que de tout miser sur le traitement ou la compensation des troubles.
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Ce qui pourrait avoir des conséquences importantes en matière de politique et de budget de santé publique… Mais certains psychiatres alertent d'ores et déjà sur le revers de la médaille et redoutent que soient invisibilisées les personnes le plus lourdement handicapées, ainsi que leur souffrance et celle de leur famille. Ce débat a en tout cas la vertu d'interroger ce que la médecine moderne considère comme le fonctionnement "normal" du cerveau.
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