Baisse de production, hausse de prix... Les conserves et surgelés Bonduelle fortement impactés par la sécheresse
Avec les nombreuses canicules depuis la fin du mois de mai en France, les producteurs de légumes ont été particulièrement impactés avec des quantités moins importantes que l'année passée. Reportage auprès des agriculteurs de Bonduelle, qui tentent de trouver des solutions. Dans l'usine de Bonduelle, située à Estrée dans les Hauts-de-France, ce sont près de 15 tonnes de haricots verts qui sont traités chaque heure. Après la récolte et une fois sur le site de production, "les légumes passent à travers des ventilateurs pour enlever les feuilles et les insectes", nous désigne Philippine Ader, chargée de communication et évenementiel chez Bonduelle.
À l'intérieur du bâtiment, les machines tournent à un rythme effréné et dans un brouhaha presque organisé. Chacune ayant sa fonction spécifique: lavage, rinçage, contrôle de la taille, équeutage etc. Le rythme de cette dernière étape, c'est l'équivalent "d'équeuter à la main trois millions de haricots verts pendant une heure". Ils sont ensuite mis en boîte avec du jus, à une vitesse de "240 boîtes par minute", précise-t-elle.
Quelques hangars plus loin, d'autres haricots verts sont destinés à être surgelés. "Ils sont cuits, refroidis et passent dans un tunnel de surgélation: de 20 degrés à moins 20 degrés en seulement 15 secondes", décrit Éric Ternisien, directeur d’usine sur la partie surgelé chez Bonduelle, en ouvrant une trappe cachée. Chaque année, 110.000 tonnes de conserves sortent de ces usines et jusqu'à 75.000 tonnes de surgelés.
Pour fournir cette offre et alimenter les rayons des supermarchés, Bonduelle travaille avec plus de 1.500 agriculteurs partenaires. À peine quelques heures auparavant, tous ces haricots verts étaient encore entre leurs mains. Cette part de production a été épargnée par la sécheresse, mais Nicolas Brehon, agriculteur, sait déjà qu'au moment de faire le bilan, des pertes seront à constater.
Lui a semé ses haricots à la fin du mois de juin et avec les chaleurs, il a dû irriguer sa parcelle "deux fois plus que d'habitude". Il prévoit de les récolter dans une dizaine de jours.
Dans ce coin des Hauts-de-France, on observe des champs complètement secs qui s'enchaînent à perte de vue, comme si la couleur verte ne faisait tout simplement plus partie du paysage.
"La situation est très compliquée pour les agriculteurs", reconnaît Xavier Unkovic, directeur général de Bonduelle, ce mercredi 26 août au siège du groupe. Compliquée au point notamment de mettre à l'arrêt deux de ses usines dans les Landes pendant plus d'une quinzaine de jours.
Concrètement, "tous les légumes ont été impactés", mais ce sont les pois et les carottes qui ont été les plus touchés avec des pertes "autour de 23 à 25%". Pour le maïs, la baisse des rendements est estimée "entre 10 et 15%", indique-t-il. Des chiffres connus, car les récoltes de ces légumes sont à présent terminées. Ce n'est pas le cas pour toutes les variétés de légumes, qui sont au nombre d'environ 300 chez Bonduelle, d'où l'impossibilité, à l'heure actuelle, de tirer un bilan complet.
Quelques kilomètres plus loin, même son de cloche pour ce producteur qui cultive des haricots rouges.
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