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L'Islande dit "Nei" à l'UE : vu de l'étranger, "un mauvais signal pour Bruxelles"

L'Express ·
L'Islande dit "Nei" à l'UE : vu de l'étranger, "un mauvais signal pour Bruxelles"

"Pour les Islandais, c'est 'Nei !'" a résumé en titre le journal suisse Le Temps ce dimanche 30 août.

La veille, les Islandais ont rejeté la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, avec 52,8 % de "non" contre 47,2 % de "oui ".

Le scrutin ne portait pas directement sur une adhésion à l'UE, mais sur la possibilité de rouvrir les négociations en vue de celle-ci : un éventuel accord aurait ensuite dû être soumis à un nouveau référendum.

Les récits de l'inconfort islandais sur le sujet, qui semblait s'être immiscé jusque dans les familles, ont été nombreux dans la presse internationale ces derniers jours.

Au final, "les chiffres ont montré à quel point l'Islande était divisée sur la question", observe le britannique The Guardian .

Dans les six circonscriptions du pays, seuls les deux districts du centre de Reykjavik ont voté majoritairement pour la reprise des discussions.

"Les résultats ont montré une profonde fracture entre les électeurs de la région de la capitale et ceux du reste de ce pays largement rural, où certains ont le sentiment que l'identité nationale risque d'être oubliée", poursuit le quotidien d'outre-Manche.

Une campagne plus que délicate C'est l'issue d'une campagne particulièrement délicate, régulièrement comparée par les analystes à celle du Brexit de 2016, ou au climat de désinformation qui règne aux États-Unis sous Donald Trump.

Preuve de la sensibilité du débat, "Bruxelles a été priée de rester à l'écart" et de ne pas intervenir dans le référendum consultatif islandais, note Le Temps .

Les partisans d'un rapprochement avec l'UE ont notamment accusé la campagne du "non" de jouer sur les peurs, en présentant la pêche et l'agriculture, deux secteurs éminemment liés à l'identité islandaise et indispensables à son économie, comme menacées par une adhésion à l'Union européenne.

Parmi les arguments avancés par les opposants aux négociations , "figurait l'idée que l'UE agirait comme une 'nouvelle superpuissance' au-dessus de l'Islande et pourrait transformer le pays en un 'village de pêche sans quotas', où des entreprises étrangères pourraient investir dans le secteur islandais de la pêche, très prisé et extrêmement lucratif, plaçant les droits de pêche et les bénéfices entre les mains d'acteurs extérieurs", détaille dans ses colonnes The Guardian .

Inflation et menace trumpiste Ce n'est pas la première fois que l'île-nation se penche sur la question.

En 2009 déjà, après la crise financière, l'effondrement des banques islandaises et la chute de la monnaie avaient conduit le pays à envisager une adhésion à l'UE.

Le projet s'était finalement essoufflé avec la reprise économique.

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