Fuir l’usine et le quotidien : la redécouverte du « Voyage à Paimpol », roman choc des années 80
« J’ai besoin de respirer, seule. Je n’ai plus d’air à moi, je n’ai que l’air qu’on me donne, l’air maussade. » Maryvonne est ouvrière, à l’usine, à Saint-Brieuc. Elle aime son mari, adore son fils, rigole avec ses copines et ses collègues. Mais un beau jour, Maryvonne s’en va. Elle s’en va parce qu’elle n’est plus là. L’usine, sa vie de famille, le temps qui passe lui ont volé son existence. Elle ne part pas à l’autre bout du monde, ne s’abîme pas dans un exotisme démesuré, ne se perd pas dans une aventure excentrique : Maryvonne prend le car, et embarque pour Paimpol, à quarante kilomètres de là. C’est le récit de cette fugue que raconte Le Voyage à Paimpol. Sorti en 1980, il est écrit par une jeune femme de 27 ans, Dorothée Letessier, elle-même ouvrière chez Chaffoteaux et Maury, une usine qui produit des chaudières à Saint-Brieuc.
Quand il paraît, l’ouvrage fait grand bruit. Dans Le Monde , Bertrand Poirot-Delpech compare Dorothée Letessier à Françoise Sagan, pour « l’humour futé et la tendresse furtive ». Elle est sélectionnée dans les pages du même quotidien par Jérôme Garcin, Rachel Assouline et Raphaël Sorin parmi les six auteurs de « moins de trente ans qui représentent l’avenir littéraire en France », aux côtés notamment d’Emmanuel Carrère, Patrick Besson, Hervé Guibert et Didier van Cauwelaert. Objet de plusieurs rééditions, de traductions et même d’une adaptation au cinéma par John Berry,...
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.