« Ce félin a perdu son identité » : le char Tigre roule pour la première fois depuis 58 ans, mais sa restauration divise
Initiée en 2021, la restauration du char Tigre du musée des blindés de Saumur vient d’aboutir. Le mastodonte de 56 tonnes, resté statique pendant 58 ans, a été restauré intégralement. Il avait été récupéré en 1968 par le Colonel Aubry, fondateur du musée des blindés, puis exposé en 1971. C’est l’équipe du Musée, avec l’Association des Amis du Musée des Blindés, et son conservateur le lieutenant-colonel Yannick Krause, qui ont eu l’idée de le remettre en route.
Presque une mission impossible, tant les pièces détachées de ce char sont rares. Le public a pu suivre sa reconstruction dans une salle spécialement dédiée du musée. Les mécanos sont allés jusqu’en Pologne où son moteur de 700 CV a été rénové par la Panzer farm de Chrcynno. Ce pari un peu fou, baptisé Le Tigre à cœur ouvert s’est achevé sur le camp militaire de Fontevraud (Maine-et-Loire), après des milliers d’heures de travail. Le 26 septembre, le char Tigre du musée des blindés de Saumur a redémarré pour la première fois et roulé sur une piste du camp, devant les donateurs qui ont participé à son financement.
Lire aussi : RÉCIT. « Il va démarrer cette année » : pour redonner vie au char Tigre de Saumur, 2 500 donateurs ont versé 300 000 €
Car l’idée géniale, qui a permis au projet d’aboutir, c’est l’ouverture d’une campagne participative : un succès inespéré qui a déclenché 2 353 dons pour un total de 252 000 €, dont plusieurs dons de 10 000 €. Le Tigre a ses fans ! Le pari était dès lors gagné, puisque le montant initial de sa restauration avait été estimé à 220 000 €. Ce qui fait la particularité de ce projet, c’est qu’il n’existe plus aujourd’hui dans le monde que six chars Tigre encore en état, sur 1 354 construits. Et un seul autre qui fonctionne, en Angleterre, au musée de Bovington. Mais celui du musée des blindés de Saumur est le seul à avoir conservé toutes ses pièces d’origine.
Allemand au départ, ce char a été restauré avec une livrée française et baptisé Bretagne . Le musée des blindés a fait le choix de ne pas le présenter sous sa bannière allemande, ce qui fait polémique parmi les passionnés. Il est restauré dans son dernier état connu. C’est un choix courant qui n’a rien à voir avec le politiquement correct, estime Christophe Dallier, un fan . Le choix de la livrée est un parti pris, qui va justement forcer le public à s’intéresser à son histoire, ajoute un autre amateur, Florian Lamant. Magnifique idée que celle de présenter cette bête avec les marquages de prise de guerre et d’utilisation par l’armée française, commente un internaute tandis qu’un autre se désole de ce choix : ce félin qui a perdu son identité est, à mes yeux, mort pour la deuxième fois en 2026. « J’imagine la surprise quand le char ira faire des présentations dans d’autres pays. J’espère juste que ce n’est pas définitif, ajoute Philippe Massicot.
Le choix du musée d’apposer sur le blindé allemand une cocarde française est lié à son histoire : l’énorme machine a effectivement servi dans les forces françaises de l’intérieur. Car il a été capturé dans la nuit du 19 au 20 août 1944 dans la poche de Falaise (Calvados).
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.