Risques sur la sécurité et vidéos volées : l'ICE interdit les lunettes connectées Ray-Ban Meta à ses agents sur le terrain, mais réfléchit aux siennes
Utiliser des lunettes connectées comme les Ray-Ban Meta est désormais proscrit au sein de l’ICE, l’agence américaine de l’immigration, rapporte le New York Times . Le quotidien a eu accès à une note de service publiée mardi 18 août 2026 expliquant que ces appareils étaient considérés comme des caméras-piétons non homologuées.
Cette utilisation ferait donc peser un risque opérationnel majeur au sein de l’agence. "L’utilisation des lunettes Meta ou d’appareils similaires pourrait capturer, enregistrer ou transmettre involontairement des informations sensibles, risquant d’avoir un impact sur la confidentialité des opérations et la protection juridique," estime David Venturella, directeur par intérim de l’ICE.
La note rappelle que l’usage de caméras-piétons est formellement interdit, tout comme les enregistrements qui en découlent, en intervention. L’interdiction s’applique à l’ensemble du périmètre fédéral, c’est-à-dire sur tout le territoire où l’ICE est compétente.
Les interventions de cette agence, particulièrement sollicitée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir, font régulièrement polémiques. Les moindres faits et gestes de ses agents sont scrutés de près, filmés par les smartphones des passants, les vidéos ayant servi de preuves lors d’enquêtes sur des opérations contestées, certaines ayant abouti à la mort de citoyens américains.
Le New York Times souligne que l’ICE n’est pas la première organisation à bannir les lunettes connectées. Malgré leur succès, elles posent des questions majeures de confidentialité.
Grâce à une petite caméra embarquée sur la monture des différents modèles proposés par Meta, il est possible d’enregistrer à tout moment le son et la vidéo, malgré une diode lumineuse qui avertit les personnes à proximité. Autre point qui a fait débat: l’intelligence artificielle intégrée, Meta AI, qui permet de poser des questions, mais aussi de déclencher des photos ou vidéo de la voix.
Si le droit américain autorise largement de filmer dans l’espace public, à l’inverse du droit français plus encadrant , l’exploitation et la transmission de ces données par des technologies tierces posent d’importants problèmes de conformité juridique et de respect de la vie privée.
Si les modèles grand public sont interdits par l’ICE, celle-ci s’intéresse tout de même de près à cette technologie et souhaiterait obtenir sa propre version des lunettes connectées, adaptées à ses besoins. Dans la dernière demande de budget du Département de la Sécurité intérieure, datée d’avril 2026, elle réclame un budget de 7,5 millions de dollars pour développer des modèles professionnels permettant "l’identification biométrique des personnes en situation irrégulière".
Face à ce projet, la puissante organisation pour les droits civiques ACLU a publié une lettre ouverte signée par 77 organisations du secteur afind d’appeler à l’abandon du programme en raison des risques pour la vie privée et les libertés individuelles, avec des risques de surveillance de masse. De son côté, Meta travaillerait également sur une fonctionnalité similaire d’identification biométrique, mais à visée de divertissement, selon la demande de brevet déposée.
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