Iran, États-Unis : Ormuz, le détroit dont tout le monde revendique le contrôle
Ces dernières vingt-quatre heures, le détroit d’Ormuz, où des affrontements ont lieu en parallèle d’une marée noire, a (encore) été l’objet d’une bataille de communication entre l’Iran et les États-Unis, chacun en revendiquant le contrôle.
L e conflit sans fin qui oppose l’Iran aux États-Unis et à Israël tient davantage de la bataille de tweets que de l’affrontement armé. Ce jeudi 13 août, les deux camps se sont une nouvelle fois lancés dans une guerre de communication au sujet de leur sujet favori depuis quatre mois : le contrôle du détroit d’Ormuz .
Cet énième épisode a débuté dans la nuit de mercredi à jeudi avec un message de Donald Trump sur son réseau Truth Social, assurant que les États-Unis avaient un contrôle « total » du détroit et allaient le « garder ». Réponse du porte-parole du commandement central des forces armées iraniennes le lendemain : « Les fausses affirmations des États-Unis selon lesquelles les navires traversent normalement le détroit d'Ormuz (...) ne sont rien d'autre que des mensonges et des inventions. »
Ce passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, alors que les États-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens. Téhéran exige des navires une autorisation et veut imposer à terme des frais de service, ce à quoi s'oppose fermement Washington.
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Dans les faits, des navires tentent quand même de passer. Certains avec la bénédiction d’un des deux belligérants et au risque de se faire bombarder par l’autre . Ce jeudi 13 août au soir, deux navires affiliés à Adnoc, la compagnie pétrolière publique des Émirats arabes unis, ont d’ailleurs été attaqués par les Gardiens de la Révolution iraniens.
Les attaques répétées dans le détroit ont contribué à faire voler en éclats un cessez-le-feu conclu en avril, tandis que les médiateurs appellent les deux camps à revenir aux termes du protocole d'accord signé en juin. La semaine dernière, le chef de la sécurité iranienne, Mohammad Bagher Zolghadr, avait énuméré une longue liste de conditions pour la réouverture du détroit. Des conditions allant de la levée du blocus américain à la fin de toute guerre, y compris contre les alliés de l’Iran que sont « la Palestine, le Yémen et l’Irak », qui ont bien sûr été rejetés en bloc par Washington.
L’administration Trump fait toutefois preuve d’une certaine fébrilité dans cette nouvelle bataille. Au-delà du ton martial habituel du président américain, une déclaration du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, ce jeudi 13 août au soir, démontre un changement de ton. Ce responsable, interrogé par la chaîne conservatrice Newsmax, a menacé Téhéran d'un isolement économique « comme le monde n'en a jamais vu ».
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