"Le film a marché et c'est reparti" : il y a 67 ans, Jean Gabin évoquait avec franchise sa traversée du désert
Après la Seconde Guerre mondiale, Jean Gabin peine à retrouver sa place au cinéma. En 1959, l’acteur racontait avec franchise cette traversée du désert et le film qui lui a finalement permis de renouer avec le succès.
Au milieu des années 1950, Jean Gabin retrouve une place qu’il semblait avoir perdue : celle d’une immense vedette du cinéma français. Pourtant, quelques années plus tôt, rien ne garantissait que le comédien parviendrait à renouer avec le succès qui avait été le sien avant la guerre.
Son biographe André Brunelin parlera d’ailleurs d’une “ période grise ” pour désigner ces années durant lesquelles Gabin peine à trouver des personnages correspondant à son nouvel âge et à son physique. Une transition d’autant plus difficile que le public, lui, conservait en mémoire l’image de l’acteur qu’il avait quitté plusieurs années auparavant.
Avant la Seconde Guerre mondiale, Gabin est au sommet. Star de films comme La Bête humaine , il quitte ensuite la France pour les États-Unis avant de s’engager dans le conflit – un épisode majeur de sa vie que nous vous avions déjà raconté .
Lorsqu’il retrouve le cinéma français, le temps a passé et son apparence a changé. En 1959, interrogé par Léon Zitrone , Jean Gabin expliquait très simplement à quel point cette transformation avait bouleversé sa manière d’envisager son métier.
“ J’étais parti en pleine forme si j’ose dire, je suis parti à la guerre j’avais 35-36 ans, et à ce moment-là, je jouais encore les jeunes premiers. Je suis revenu avec les cheveux blancs. Et ça m’a donné des complexes, d’avoir les cheveux blancs. Parce que je ne pouvais plus penser, jouer les emplois que je jouais avant la guerre. Alors je me suis cherché un peu, j’ai fait quelques films qui n’ont pas été très heureux. Et puis vous savez, le public est parfois exigeant, il voulait probablement me retrouver comme il m’avait quitté mais j’avais dix ans de mieux, et je les avais physiquement et sur mon visage (...). ”
Cette difficulté à se réinventer se ressent directement dans les choix de rôles de Gabin. Entre 1945 et 1954, l’acteur alterne ainsi entre des personnages correspondant davantage à sa nouvelle stature et d’autres qui rappellent encore les figures populaires ayant contribué à son succès avant-guerre.
Son physique et son âge lui permettent désormais d’incarner des hommes installés socialement, des grands bourgeois ou de puissants industriels, notamment dans La Marie du port , La Vérité sur Bébé Donge ou Le Sang à la tête .
Mais Gabin ne renonce pas pour autant aux personnages issus de milieux plus modestes qui avaient façonné une partie de son image. Il devient ainsi conducteur de locomotive dans La Nuit est mon royaume , menuisier dans Le Plaisir ou encore entraîneur de boxe dans L’Air de Paris .
Le passage à vide est suffisamment important pour qu’en 1948, Jean Gabin ne tourne même aucun film.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.allocine.fr — le contenu appartient à AlloCiné.