Chimie du bâtiment : l'ascension sous surveillance de l'italien Mapei
Rien ne semble pouvoir altérer le sourire confiant de Veronica Squinzi.
Mi-juin, sous la somptueuse fresque du réfectoire, au musée des sciences et technologies milanais Léonard de Vinci, la patronne de Mapei, vêtue d'un élégant ensemble vert fougère, jubile.
Son entreprise vient de recevoir le prix Léonard de Vinci - remis chaque année par l’association des Hénokiens , regroupant des entreprises familiales bicentenaires, et par le Château du Clos Lucé, dernière demeure du peintre.
Un mois plus tard, c'est la douche froide.
Alors qu'il s'apprête à dévoiler ses résultats annuels, Mapei se fait épingler, aux côtés d'une poignée de concurrents, dans un communiqué de la Commission européenne.
En cause, une suspicion d'entente sur les prix de produits chimiques pour le ciment, le béton et le mortier dans trois pays européens.
L'allégation a été immédiatement démentie par le groupe italien.
Mais elle écorne l'image qu'il cultive depuis ses débuts.
Son histoire commence en 1937, lorsque Rodolfo Squinzi, peintre en bâtiment, fonde Mapei - acronyme italien de "matériaux auxiliaires pour le bâtiment et l’industrie".
Avec ses sept employés, l’entreprise se spécialise d’abord dans la fabrication de peinture, mais ne tarde pas à élargir son horizon.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Milan, défigurée par les bombardements, doit panser ses plaies.
Les besoins en reconstruction sont immenses.
Chez Mapei, les commandes explosent.
Trois décennies plus tard, son fils Giorgio, tout juste diplômé en chimie, devient capitaine du groupe industriel.
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