ENTRETIEN. « Nous avons trop négligé la jeunesse », estime Antoine Foucher, spécialiste des questions sociales
En pourcentage de PIB, nous dépensons aujourd’hui la même chose pour éduquer nos enfants qu’en 1975, alors que le nombre d’étudiants a triplé en cinquante ans , souligne Antoine Foucher auteur du livre Pour que nos enfants vivent mieux publié aux éditions de l’Aube. L’ancien directeur de cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui a aussi été vice-président de Schneider Electric France, dresse un constat sévère de la situation actuelle. Il appelle à réagir très vite dans un monde où la France apparaît de plus en plus déclassée. Les 10 % des meilleurs élèves français sont moins bons que les 10 % des meilleurs élèves dans vingt-cinq autres pays de l’OCDE , rappelle-t-il également.
Comme la plupart des observateurs, je ne l’avais pas vue venir. Mais elle a des causes objectives, indéniablement. Car si les mouvements lycéens ne sont pas nouveaux dans notre histoire, il y a bien quelque chose de nouveau aujourd’hui : nous négligeons désormais l’éducation, qui n’est plus une priorité nationale. La preuve, alors que nous avons les dépenses publiques les plus élevées du monde, nous sommes maintenant passés en dessous de la moyenne sur les dépenses d’éducation : 4,6 % du PIB, contre 4,7 % en moyenne dans l’OCDE , d’après le Conseil d’analyse économique. Cela a des conséquences sur la taille des classes, la rémunération des enseignants, leur formation continue et in fine la qualité de notre éducation. C’est un choix collectif, jamais discuté, jamais explicité, mais silencieux et inédit.
Quelles réponses lui apporter dans un contexte budgétaire aussi tendu ?
En fin de quinquennat, sans majorité au Parlement, avec une légitimité politique très faible et sans marges de manœuvre budgétaires, il ne peut pas y avoir de réponses à...
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