Dix ans après le séisme, les blessures encore ouvertes du centre de l’Italie
“Les décombres sont encore là, où l’herbe, toujours plus envahissante, recouvre et enveloppe ce qu’il reste des habitations éventrées et abandonnées depuis des années. Seules trois ou quatre maisons ont fait l’objet de travaux de reconstruction. Le reste du centre du village semble être resté figé au 24 août 2016.” Comme de nombreux autres médias transalpins, lundi 24 août, le site d’information Fanpage publie un reportage depuis la commune d’Amatrice, et plus spécifiquement depuis le hameau de Capricchia. Il s’agit d’un des villages les plus violemment frappés par un séisme qui dévastait le centre de l’Italie il y a tout juste dix ans et dont les conséquences sont encore bien visibles aujourd’hui.
Le 24 août 2016 , à 3 h 36, “une secousse de magnitude 6,0 dévastait la zone centrale de la chaîne des Apennins, en balayant en quelques secondes des bourgs entiers”, se souvient le média napolitain. Le séisme fera 299 victimes, essentiellement dans trois communes : Accumoli, Arquata del Tronto et Amatrice. C’est cette dernière qui a payé le plus lourd tribut avec 237 décès. Le tremblement de terre sera suivi de plusieurs répliques, conduisant au déplacement de 41 000 personnes. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Amatrice, la commune devenue le symbole de la destruction du séisme, comptait 2 400 habitants avant le tremblement de terre. “Environ 900 personnes habitent toujours dans des préfabriqués”, constate Il Messaggero . Certes, concède le quotidien romain, “ces habitations ne sont pas comparables aux baraques où on logeait les gens après les séismes du passé”, mais ce qui a disparu, c’est avant tout l’âme de la ville.
“Le centre historique n’existe plus ou pas encore. Il n’y a plus de décombres, mais en se promenant dans les rues, il est difficile d’imaginer que, fut un temps, il y avait ici un des bourgs les plus beaux et aimés du centre de l’Italie”, soupire le reporter du journal de la capitale. Ceci, car toute la zone touchée n’a été que très partiellement reconstruite, dénonce de son côté le média catholique Avvenire , qui relaye ses chiffres inquiétants : “Selon le dernier rapport d’ActionAid, des 3 667 chantiers prévus, 66,3 % n’ont pas encore commencé”.
Il faut dire que ces bourgs anciens ne sont pas faciles à reconstruire. Il Messaggero note que “désormais l’idée initiale, et peut-être naïve, de refaire tout ‘comme c’était avant, où c’était avant’ a été abandonnée. Ce n’est pas possible à Amatrice, ni à Accumoli ni à Arquata”.
Paradoxalement, l’adjoint au maire d’Amatrice, Roberto Serafini, ne désespère pas : “Je crois que cet énorme drame peut se révéler une opportunité. Depuis toujours, on parle de la désertification économique et sociale dans nos zones montagneuses de l’intérieur, mais aujourd’hui, si nous faisons bien les choses, on peut imaginer un scénario différent. Sur le moyen et long terme, on pourrait redevenir un territoire où, par choix de vie, certains décident d’emménager.”
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