Défense : le spatial sera-t-il le nouveau Far West ? Par Emmanuel Chiva
En 2019, Florence Parly, alors ministre des Armées, avait dévoilé la nouvelle stratégie spatiale de défense de la France .
Elle avait, à cette occasion, révélé les agissements d’un satellite russe, Luch-Olymp, qui s’était approché d’un peu trop près d’un satellite de communications militaire franco-italien : Athena-Fidus.
Pour l’espionner ? Pour le gêner ? Pour démontrer une capacité ? Tout cela s’étant produit dans l’orbite géostationnaire, située à 36 000 kilomètres de la Terre.
Tout sauf – vous me passerez l’expression – un sport de masse.
Depuis, les manœuvres de test, mais aussi d’intimidation ou de démonstration se sont multipliées, ainsi que les objets expérimentaux, sur l’ensemble des orbites y compris l’orbite LEO (pour orbite basse) : celle de la station spatiale internationale, comme des satellites Starlink d’Elon Musk (entre 400 et 700 kilomètres d’altitude).
Prenons ainsi les deux satellites Cosmos 2581 et 2583 qui ont démontré des capacités de rendez-vous spatial de précision extrêmement impressionnantes, puisqu’ils se sont retrouvés… à 3 mètres l’un de l’autre.
La Chine, la Russie et d’autres puissances multiplient aujourd’hui les démonstrations de force dans l’espace, à tel point qu’on ne peut être que convaincu que le prochain conflit démarrera de l’espace exoatmosphérique.
Et, d’ailleurs, ce dernier n’est plus une simple frontière.
La THA (pour très haute altitude) désigne l’espace situé entre 20 et 100 kilomètres au-dessus de nos têtes.
Il devient, lui aussi, un nouvel espace de confrontation.
Ni véritablement aérien ni pleinement spatial, cet espace voit de nouveaux objets d’importance stratégique l’occuper.
Personne n’a ainsi oublié les différents épisodes d’incursion de ballons chinois en février 2023 .
Finalement neutralisés par l’US Air Force, ces ballons, persistants et difficiles à atteindre, ont survolé des zones d’importance stratégique, en toute discrétion.
Face à cet enjeu, plusieurs défis techniques.
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