Des entités privées contraintes d'assurer même en cas d'attaques en mer Rouge: face à la flambée des prix des contrats, l'Arabie Saoudite veut forcer ses assureurs à couvrir les navires pétroliers
Le gouvernement souhaite relancer le marché assurantiel dans le pays, alors que la guerre en Iran a encore tendu les conditions de circulation en Mer Rouge. La campagne d'attaques menée par les rebelles houtis en Mer Rouge commence à poser de graves problèmes à l'économie saoudienne. Selon des informations du Financial Times, Riyad discute à l'heure actuelle avec des courtiers londoniens pour mieux couvrir les navires pétroliers qui transportent l'or noir le long de ses côtes, ainsi que les infrastructures pétrochimiques.
Objectif: pallier la hausse des prix, qui s'accompagne de la baisse des garanties chez la plupart des assureurs . Les firmes sont moins enclines à offrir des contrats au vu de l'important risque d'attaque.
Ces rebelles, qui revendiquent le contrôle du Yémen et en détiennent de fait une partie, menacent l'Arabie Saoudite, rangée derrière le gouvernement de Sanaa. La trève entre les deux entités a été interrompue en 2022, et les attaques contre Riyad se sont intensifiées après le 7 octobre 2023 - les houthis prenant fait et cause pour la Palestine.
Problème pour le régime saoudien, les flux de pétroliers et les infrastructures sont pour certaines à portée de tirs des rebelles yéménites - d'autant plus depuis l'éclatement de la guerre en Iran. Non seulement les Gardiens de la Révolution iraniens soutiennent ouvertement et militairement les Houthis, mais en bloquant le détroit d'Ormuz, ils ont rendu plus cruciale encore la Mer Rouge.
Les Houthis font donc pression sur l'Arabie Saoudite: le 20 juillet, ils annonçaient un blocus naval du détroit de Bab-el-Mandeb , contre les navires liés au pays. Dans ce contexte, les assureurs se sont pour certains retirés de la couverture de certaines installations ou certains bateaux.
Le plan du ministre des Finances saoudien prévoit que les pétroliers puissent s'appuyer sur un "pool" d'institutions financières : rassemblées en une force commune, elles permettraient de couvrir jusqu'à 700 riyals saoudiens (159 millions d'euros) en cas d'attaque. Les réassureurs locaux Saudi Re et Riyadh Re seraient déjà impliqués. Des entreprises internationales pourraient également participer.
Cette initiative doit inciter les assureurs à abaisser leurs tarifs, et couvrir les actifs devenus inassurables. Elle rappelle les mesures prises dans d'autres pays, comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, après l'émergence de menaces terroristes - post-11-septembre, et après les bombardements de l'IRA. Donald Trump a lui-même tenté de mettre en place une couverture publique avec le soutien de Chubb et AIG - mais elle n'a pas versé un seul centime de prime.
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