Un soupçon d'intelligence artificielle fait voler en éclat un contrat en or dans l'édition
C'est un véritable tsunami qui secoue le monde de l' édition .
Il y a quelques semaines, un contrat en or vole en éclats.
Et pas n'importe lequel : on parle là d'un accord à 2,4 millions de dollars avec l'éditeur Minotaur/MacMillan, pour la vente du policier Call Me, I'll Hide The Body .
L’histoire suit un émigré nigérian à Houston, doctorant en chimie et agent d’entretien, qui se retrouve mêlé à un cartel grâce à son talent pour dissimuler des corps.
Un scénario qui s'annonce sur le papier très prometteur.
Mais alors que quatorze maisons d'édition se livrent une bataille effrénée pour s'arracher le roman de Jerry Faladé, l'affaire tourne court.
L'agence Europa Content, qui représentait l'auteur afro-américain dans les négociations, finit par annuler le contrat.
En cause : des doutes concernant l'utilisation de l' intelligence artificielle (IA) dans l'écriture du livre.
L'IA pas couverte par les droits d'auteur Une éventualité qui, si elle est avérée, pose problème sur le plan juridique - sans parler bien sûr de l'aspect éthique et du risque de voir les clients se détourner de l'ouvrage.
Car pour un studio ou un éditeur, acheter les droits d'un roman ne consiste pas seulement à obtenir la permission de l'auteur.
Il faut aussi pouvoir garantir que l'auteur possède les droits sur l'ensemble de l'œuvre et que personne d'autre ne pourra réclamer par la suite une partie des droits.
Or les textes écrits par IA - aux Etats-Unis comme dans l'UE - ne bénéficient d'aucune protection légale.
Pour sa part, Jerry Faladé nie en bloc ces accusations, assurant n'avoir jamais eu recours à l'IA ni pour écrire ni pour améliorer son texte, et accuse en retour le secteur de l'édition de biais racistes, affirmant qu'il n'est pas le premier auteur noir à faire l'objet de suspicions abusives.
Les prochains mois devraient permettre de faire la lumière sur cette crise et de déterminer si l'écrivain porte ou non une part de responsabilité.
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