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Comment le Canada résiste à Donald Trump en parlant français : "Le vrai sport national, c'est de parler deux langues"

L'Express ·
Comment le Canada résiste à Donald Trump en parlant français : "Le vrai sport national, c'est de parler deux langues"

Ne pas jouer sur les mots.

Après plusieurs semaines de tensions, les négociations commerciales entre Washington et Ottawa ont volé en éclats ce 22 août.

Alors que les pourparlers devaient se concentrer sur l'automobile, l'acier et l'aluminium, c’est un tout autre sujet qui a fini d’enliser les crispations : celui de la langue française.

A la table des négociations , l’administration Trump a exigé, à la surprise générale, que les règles d'étiquetage bilingue et les obligations de "découvrabilité" francophone soient assouplies.

En vigueur depuis plus de 50 ans, ces réglementations imposent que les produits circulants sur le marché canadien soient accessibles aux deux communautés de langues du pays.

Des exigences linguistiques contestées de longue date par les États-Unis qui déplorent une barrière commerciale.

Comprenez, frais de traduction, d'impression, etc.

L'année dernière, le Bureau du représentant américain au commerce estimait par exemple que ces contraintes freinaient la compétitivité des exportateurs américains, allant jusqu'à évoquer un renoncement à l'export vers le Québec pour une entreprise américaine sur cinq.

"Nous sommes maîtres chez nous" Que le commerce influe la linguistique n'a rien d'une première.

A l'échelle mondiale, de nombreux exemples en témoignent, notamment dans les anciennes colonies françaises, anglaises, espagnoles, portugaises...

Sauf que, dans ces pays, c'est l'exact inverse qui s'applique : des langues sont rajoutées aux étiquetages des produits afin d'être commercialisées au plus grand nombre.

Pas retirées.

"Souvent le français, l'anglais, l'espagnol et le portugais sont des langues officielles ou co-officielles.

Elles sont ajoutées en partie pour favoriser les liens avec le reste du monde, ou l'appartenance à la francophonie ou au Commonwealth", explique Julie Auger, professeure titulaire au département de linguistique et de production de l'Université de Montréal et présidente de l’association canadienne de linguistique.

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