Zambie: Lusaka et Washington signent un accord sanitaire pour financer des soins essentiels dans le pays
Selon le gouvernement zambien, les deux grands points de blocage qui entravaient la signature du texte depuis plusieurs mois - la question d'un partage de données médicales et d'échantillons biologiques d'une part, celle consistant à lier le compromis à la signature d'un accord minier de l'autre - ont été levés.
Un milliard et demi de dollars de financements américains sur cinq ans pour soutenir les soins en Zambie : Lusaka et Washington ont signé, jeudi 8 octobre, un accord sanitaire qui doit notamment permettre de financer des soins essentiels dans le pays comme le maintien des traitements contre le VIH, la lutte contre le paludisme et la tuberculose ou encore l'accélération de la vaccination.
Alors que la contribution de la partie zambienne est également annoncée en hausse pour atteindre près de deux milliards de dollars, Lusaka affirme par ailleurs avoir réglé les différends qui ont longtemps constitué des points de blocage dans les négociations de ce partenariat avec les États-Unis .
Concernant le premier qui portait sur la question d'un partage de données médicales et d'échantillons biologiques, « je suis heureux d'annoncer que [les divergences] ont toutes été prises en compte et réglées », a assuré le ministre zambien de la Santé, Roma Chilengi. Le partage de données sera limité au suivi et à l’évaluation des programmes, a pour sa part précisé l’ambassadeur zambien aux États-Unis, Chibamba Kanyama, pour qui ces changements protègent donc la vie privée des citoyens zambiens tout en préservant un partenariat « essentiel » avec Washington.
L'autre point de blocage qui résidait dans le fait de lier la signature de l'accord sanitaire à la conclusion d'un accord sur les minerais stratégiques a lui aussi été levé. « En ce qui concerne les minerais stratégiques, je tiens à être catégorique: le ministère de la Santé n'a jamais vu aucun protocole d'accord faisant référence aux minerais stratégiques », a également expliqué Roma Chilengi... bien que les États-Unis n'aient, eux, jamais caché la nature transactionnelle du compromis.
Dans un communiqué publié en décembre dernier, l'ambassade américaine en Zambie avait en effet parfaitement assumé cet aspect de l'accord en le liant à une « contrepartie en matière de collaboration dans le secteur minier », ce qui avait d'ailleurs conduit Lusaka à en dénoncer le principe au mois de mai. Alors qu'en est-il ? Selon le gouvernement zambien, les discussions dans ce dossier se poursuivent avec Washington.
Reste que le contenu de l'accord de santé ne sera pas rendu public, ce qui ne va évidemment pas manquer d'alimenter les inquiétudes de la société civile qui réclame davantage de transparence. « Certes, le gouvernement a donné des assurances, mais tant que le public et le Parlement ne pourront pas examiner l'accord final, nous ne pourrons que spéculer » , déplore ainsi Josiah Kalala, directeur de l’ONG Chapter One Foundation, qui poursuit : « Voilà pourquoi nous demandons davantage de transparence sur le texte définitif avant de nous engager.
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