Quels sont les effets des polluants éternels sur le cerveau ? Ce que révèlent… les goélands
De nouvelles règles européennes sur les emballages alimentaires, qui visent à limiter les PFAS et réduire les déchets, sont entrées en vigueur le 12 août. Les composés per et polyfluoroalkylés - plus souvent abrégés en PFAS - sont des substances chimiques synthétiques au long cycle de vie qui sont massivement présentes dans la vie courante. Ces polluants dits « éternels » représentent plus de 10 000 composés qui s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, les rivières, jusque dans le corps humain . Avec de potentiels effets sur la santé (infertilité, cancers…) en cas d’exposition sur une longue période.
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Une récente étude internationale menée par deux chercheurs des chercheurs du Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS et La Rochelle Université) a mis en relief les effets neurologiques d’un type de PFAS, le « 7 : 3 FTCA », produit par la dégradation de la fluorotélomère alcool. On le retrouve par exemple dans les produits lave-glaces, les textiles ou la peinture. « L’objectif était de savoir si ce PFAS, toujours utilisé dans l’industrie et rarement recherché, avait des effets sur le développement cérébral. Il est supposé ne pas s’accumuler dans les organismes mais n’a jamais été vraiment étudié pour des effets sur le cerveau » , résume Jérôme Badaut, directeur de recherche au CNRS au CEBC et coauteur de la publication dans Environmental Science & Technology Letters . Il a mené cette étude avec son confrère Olivier Chastel, spécialiste des oiseaux marins qui a observé la présence de « 7 : 3 FTCA » dans les œufs de mouettes tridactyles.
L’équipe s’est penchée sur l’impact à long terme de cette molécule sur le cerveau de deux animaux : les goélands et les souris. Ils ont d’abord récupéré des œufs à l’occasion de campagnes de stérilisation pour mesurer les doses de PFAS auxquelles ils ont été exposés. Des doses équivalentes à celles auxquelles sont exposés les humains qui vivent à proximité. « Ces PFAS ne tuent pas les neurones, mais produisent une réaction inflammatoire comme réponse du tissu nerveux à l’exposition des embryons à cette molécule , décrit Jérôme Badaut. On pensait pendant longtemps que le cerveau pourrait être protégé des PFAS par sa barrière hémato-encéphalique, qui filtre de manière très fine les produits chimiques qui y entrent et en sortent. Or des études montrent qu’on retrouve des PFAS dans le cerveau. » Mais ces mécanismes d’entrée et les effets sont encore peu connus.
L’équipe a poursuivi l’étude en laboratoire, sur des souris adultes, en leur faisant ingérer de faibles doses de ce PFAS « 7 : 3FTCA ». « L’exposition à des doses environnementales pendant un mois a des effets sur l’activité neuronale, en relation avec une réponse inflammatoire dans des régions spécifiques du cerveau. Et sur leur comportement avec une diminution de l’appréhension et une augmentation des interactions sociales. Et ce n’est pas bénéfique pour leur survie face à des prédateurs dans un milieu naturel.
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