Musculation : quand la force devient une faiblesse, par Julia de Funès
Pour tous ceux qui n’ont pas pris, en cette rentrée, la résolution aussi solennelle que statistiquement fragile de s’inscrire à la salle de sport, voici une chronique qui devrait vous soulager.
Cet été, quelque chose m’a frappée : les corps ont changé.
Sur les plages comme sur Instagram, ils sont de plus en plus musclés, dessinés, sculptés, parfois même franchement gonflés.
De quoi faire naître un léger sentiment de culpabilité chez ceux qui, pendant les vacances, ont davantage soulevé leur fourchette que de la fonte.
Mais plutôt que de nous accabler, regardons ce que ce culte croissant pour le muscle raconte de nous.
Car il dit au fond deux choses : quelque chose de notre rapport à l’effort et quelque chose, peut-être plus troublant encore, de notre rapport à la liberté.
On nous répète volontiers que nous sommes devenus accros au confort, à la facilité et à l’immédiateté.
Ce n’est manifestement pas tout à fait vrai.
Parce qu’il en faut, de l’effort et du temps, pour aller plusieurs fois par semaine à la salle, soulever la même fonte, recommencer pendant des jours, des mois, parfois des années.
L’effort n’a donc pas disparu.
Mais il s’est déplacé et devient tout à fait accepté dès lors qu’il produit un bénéfice visible et instagrammable.
Souffrir, oui, mais à condition que cela rapporte des abdos, des biceps, une silhouette plus gracieuse et des formes plus flatteuses.
L’effort n’a donc pas disparu, il s’est simplement narcissisé.
Le maître et l’esclave Deuxièmement, la musculation est une discipline, qui, comme toute discipline, consiste à s’imposer librement une règle, à résister à la facilité, à accepter la répétition et l’inconfort.
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