Cyberattaque contre le fisc en France: le Parti socialiste demande une commission d'enquête au Sénat
Une cyberattaque visant l’administration fiscale française est survenue fin juin 2026, selon les finances publiques. Une usurpation d’identité aurait permis l’accès aux noms, adresses et revenus fiscaux de près de 700 000 contribuables. Les sénateurs socialistes ont réclamé au président du Sénat, Gérard Larcher, la création d'une commission d'enquête dédiée au piratage de masse.
Samedi 15 août, la section cyber du parquet de Paris a ouvert une enquête après une cyberattaque qui a touché près de 700 000 usagers de l'administration fiscale. L'enquête a notamment été ouverte pour « extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l'État ». Pour les particuliers, les données dérobées concernent notamment les noms et prénoms, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source, a détaillé la directrice générale des finances publiques Amélie Verdier.
Les données dérobées « ne permettent pas l'accès au compte sécurisé sur impots.gouv.fr », le site de l'administration fiscale française, a toutefois voulu rassurer le fisc. Les usagers concernés vont être contactés, notamment pour les avertir des risques d'usurpation d'identité, a précisé le fisc.
Un piratage de données à grande échelle sur lequel le groupe socialiste au Sénat entend faire la lumière. Par la voix de son président Patrick Kanner, le parti à la rose demande l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire.
Dans un courrier adressé au président du Sénat, les socialistes estiment que « la puissance publique a indubitablement échoué à protéger les données fiscales des Françaises et des Français ». Et Patrick Kanner de préciser au micro de Marie Lecoq , du service politique de RFI : « Ce sont des données qui devraient être sanctuarisées et qui manifestement ne l’ont pas été. »
Des éléments suffisamment graves pour justifier un examen parlementaire pour Patrick Kanner : « Je veux savoir pourquoi, comment, où sont les défaillances... Et donc, on a besoin d’avoir toute la clarté sur ce qui est un scandale national. »
L’objectif de cette commission est de « prévenir la répétition de tels incidents », mais aussi savoir si ces fuites de données relèvent de défaillances structurelles. « À une telle échelle, ça ne peut être que ça, redoute Patrick Kanner. Est-ce que c’est un piratage au hasard ou ciblé des personnes politiquement exposées ? On a besoin de savoir tout ça. Et ça, ça passe par des ministres qui viennent rendre des comptes devant le Parlement. »
S’il donne son feu vert, le Sénat pourrait lancer cette commission dès septembre.
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