Isère: deux inspecteurs du travail de Grenoble sanctionnés d’un blâme et d’une suspension, accusés de harcèlement moral par leur hiérarchie
Deux inspecteurs du travail de Grenoble (Isère), accusés par leur hiérarchie de contester l'autorité mais victimes selon une intersyndicale d'une "procédure-bâillon" pour avoir dénoncé leurs conditions de travail, ont reçu respectivement un blâme et une suspension de 15 jours, une "première victoire" ont estimé leurs soutiens ce jeudi 15 octobre.
Ces deux inspecteurs étaient passés mi-septembre devant une commission disciplinaire du ministère du Travail, qui avait préconisé respectivement un blâme et une mutation disciplinaire à leur encontre.
"Après plusieurs semaines d'atermoiements, le ministère a fini par rendre sa décision": un blâme et une suspension de 15 jours, écrivent ce jeudi dans un communiqué les syndicats CGT, CNT, FSU et Sud du ministère du Travail, qui voient dans ces sanctions "une première victoire et un dénouement provisoire".
Ils se félicitent que le soutien manifesté aux deux hommes, notamment à travers une grève touchant depuis cinq semaines l'inspection du travail dans l'Isère, ait payé.
Considérant toutefois les sanctions comme inacceptables, car "dénoncer la dégradation des conditions de travail, défendre les missions de l'inspection du travail ne peut en aucun cas déboucher sur des sanctions", ils annoncent qu'elles seront contestées devant le tribunal administratif.
"À ce stade, le fond du problème demeure: face au management pathogène ou toxique, aux conditions de travail dégradées, aux détournements de mission, la lutte doit continuer en Isère comme ailleurs", écrivent-ils.
Leur hiérarchie reprochait à ces deux inspecteurs, représentants du syndicat Sud-Travail, d'être violents verbalement et de contester des décisions prises à Paris, en refusant notamment d'assister à des réunions et de remplir des bases de données sur leur activité.
La responsable de leur unité de contrôle avait porté plainte contre eux pour harcèlement moral , mais l'enquête pénale avait été classée sans suite. Le parquet avait estimé que le harcèlement n'était pas caractérisé, mais relevé une situation "très complexe, voire délétère" dans ce service.
Le harcèlement au travail s'intensifie-t-il en France ? 2:59 En toile de fond, les réformes des dernières années de l'inspection du travail, qui ont ajouté un niveau hiérarchique et accru le travail en équipe et le rôle des préfectures, faisant craindre à certains inspecteurs une perte de leur indépendance, ainsi qu'une réduction des effectifs d'inspecteurs, malgré des recrutements plus importants entre 2022 et 2024.
En juin dernier, un rapport du cabinet Aptéis relevait des problèmes structurels d'inadéquation de la charge de travail avec les effectifs, dans une "dynamique constante de réduction des effectifs depuis dix ans".
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