Vaccin contre le cancer de la peau de Moderna : une révolution, vraiment ?
La date du 19 août 2026 marquera-t-elle autant les mémoires des scientifiques que celle du 9 novembre 2020 ? Ce jour-là, le monde a entrevu l’espoir de vaincre le Covid-19 et de sortir de l’hiver pandémique grâce à un vaccin à ARN-messager .
Une première historique à tous points de vue : première fois qu’un vaccin est développé aussi vite, première utilisation de cette technologie, première injection efficace contre un coronavirus...
A l’époque, c’est l’alliance formée par le géant américain Pfizer et la biotech allemande BioNTech qui avait emporté la course, leur concurrent direct Moderna arrivant quelques jours après.
Ce 19 août, c’est Moderna , associé au géant américain Merck-MSD , qui semble avoir damé le pion à son grand rival, en annonçant le premier un résultat positif dans un essai clinique de phase 3 (le meilleur niveau de preuve disponible) d’un vaccin anticancer.
Il s’agit là aussi d’une grande première.
De nombreux essais de vaccins thérapeutiques ont en effet été engagés dans différentes formes de cancers par plusieurs laboratoires, y compris français, et tous les spécialistes attendent avec impatience de savoir si cette nouvelle piste thérapeutique confirmera ses promesses.
Les investisseurs n’ont donc pas caché leur euphorie à l’annonce de cette nouvelle : ce mercredi 20 août, le cours de Bourse de la biotech américaine a presque triplé en une seule séance.
La même effervescence a saisi nombre de médias, anglo-saxons notamment, saluant pêle-mêle un "changement de paradigme" ( Boston Globe ), une "percée" (BBC), un "nouvel espoir thérapeutique" (Reuters)...
"Eduquer" le système immunitaire En l’occurrence, l’essai de Moderna porte sur le mélanome, le plus redoutable des cancers de la peau.
Son vaccin n’agit pas en prévention de la maladie : il vise à éviter les rechutes, grâce à une approche personnalisée à l’extrême.
Le laboratoire doit en effet récupérer des tissus de la tumeur du patient, et les séquencer pour trouver des gènes qui lui sont spécifiques, afin de fabriquer le vaccin.
Celui-ci va ensuite "éduquer" le système immunitaire pour le diriger contre les cellules porteuses des mêmes mutations que la tumeur initiale, pour éliminer définitivement celles qui seraient encore présentes dans l’organisme du malade après l’ablation de la lésion et de ses éventuelles métastases par le chirurgien.
La plupart des cancérologues interrogés sur la communication des deux laboratoires affichent, eux, pour l’instant un enthousiasme prudent.
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