Le Conseil constitutionnel, ligne de fracture entre Gabriel Attal, Edouard Philippe et Bruno Retailleau
Ainsi va le fameux "devoir d'ingratitude" cher à Robert Badinter.
À l'été 2020, Valérie Pécresse appelle Alain Juppé , nommé un an plus tôt au Conseil constitutionnel.
La présidente d'Ile-de-France est désemparée.
Elle ne comprend guère la récente censure de la loi de sûreté contre les ex-détenus terroristes et s'en ouvre à l'ex-maire de Bordeaux.
Elle regrette que le bon sens n’ait pas guidé les Sages, tout comme l’absence de contrepoids d’Alain Juppé au socialiste Laurent Fabius.
L’ancien président de l’UMP la reprend.
"Tu n’as pas compris.
On a voté pour le principe des mesures de sûreté, mais contre les modalités car le texte était mal rédigé." Valérie Pécresse n’est pas convaincue.
Est-ce vraiment au Conseil Constitutionnel de juger le nombre de fois maximal qu'un ex-détenu terroriste pourra être contraint, chaque semaine, de pointer au commissariat ? Sa méfiance envers le travail des Sages ne s'est pas éteinte.
Dès l'annonce, le 14 août, de la censure de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans , Valérie Pécresse fulmine sur X.
"Encore une fois, le Conseil constitutionnel s’érige en contre-législateur… De quel droit ?" Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau lui emboîte le pas et déplore des décisions qui consacrent "la primauté des juges sur les représentants du peuple souverain".
Ses concurrents font, eux, assaut de modération.
Gabriel Attal assure "respecter" la décision du Conseil constitutionnel.
Édouard Philippe reste mutique.
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