L'Allemagne baisse les impôts mais pas pour tout le monde: le gouvernement Merz approuve un allègement fiscal de 10 milliards d'euros pour les plus modestes (les riches devront payer plus)
Le gouvernement allemand a approuvé une réforme de la fiscalité révisant le barème de l'impôt sur le revenu pour redonner du pouvoir d'achat aux plus modestes. Au contraire, les riches seront davantage mis à contribution. C'est une première étape dans la stratégie de Friedrich Merz pour relancer la croissance allemande. Mercredi, le gouvernement du chancelier conservateur a approuvé un projet de loi d'allègement fiscal de 10 milliards d'euros, rapporte Reuters .
Issu d'un paquet de réformes (retraites, fiscalité, compétitivité...) sur lequel la coalition au pouvoir s'est accordée en juillet dernier pour sortir le pays de l'ornière économique, ce texte vise à redonner du pouvoir d'achat aux classes modestes et moyennes via une révision progressive du barème de l'impôt sur le revenu.
Concrètement, l ' abattement fiscal de base augmentera, passant à 12.564 euros annuels en 2027 et à 12.900 euros un an plus tard. Une famille de deux enfants avec des revenus moyens devrait ainsi disposer de 600 euros de revenu disponible supplémentaire en 2028, selon le vice-chancelier et ministre des Finances Lars Klingbeil.
En contrepartie, les riches devront passer à la caisse. Le taux d'imposition maximal actuel de 45% s'appliquera en effet dès 250.000 euros de revenus (contre 277.826 euros aujourd'hui). Une nouvelle tranche de 47% sera par ailleurs créée pour les revenus supérieurs à 280.000 euros.
Cette révision du barème a suscité la colère des chefs d'entreprises et notamment des PME, plusieurs organisations profesionnelles ayant publiquement dénoncé ce projet. "Cela pénalise les entreprises qui investissent, forment des apprentis et créent des emplois en Allemagne", a également déploré Helena Melnikov, directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie allemande. "Elles disposeront à l'avenir de moins de ressources pour l'innovation, l'investissement et les embauches".
La mise à contribution des plus aisés ne suffira toutefois pas à rendre la réforme neutre budgétairement. Elle devrait en effet représenter un manque à gagner fiscal de 1,55 milliard d'euros cette année et de 5,6 milliards d'euros en 2028.
Raphaël Legendre face à Mathieu Jolivet : L'Allemagne est-elle au pied du mur ? - 17/07 5:21 Une réforme "pas assez ambitieuse" pour le ministre des Finances Bien qu'elle ait été validée par le gouvernement, la réforme de la fiscalité a réveillé les profondes divisions entre conservateurs et sociaux-démocrates qui fragilisent la coalition au pouvoir. Membre de l'Union chrétienne démocrate (CDU) de Friedrich Merz, la ministre de l'Économie Katherina Reiche s'est empressée de rédiger une lettre dans laquelle elle dit approuver la réforme même si elle n'est "pas assez ambitieuse" en raison de l'augmentation de la fiscalité sur les plus hauts revenus qui risque de peser sur la croissance.
Une communication fustigée par le ministre des Finances et coprésident du Parti social-démocrate, Lars Klingbeil. "De telles lettres sont inappropriées", a-t-il déclaré. "Au ministère des Finances, nous avons travaillé sur ce dossier pendant très longtemps et de manière très intensive.
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