« Bercy est notre meilleur VRP » : comment Indy transforme les réglementations en moteur de croissance
Plateforme tout-en-un pour indépendants et petites entreprises, Indy réunit services bancaires, facturation et comptabilité. La société revendique 400 000 utilisateurs, 320 salariés et 86 millions d’euros levés. Son cofondateur et PDG, Côme Fouques, raconte comment la réglementation, les échecs entrepreneuriaux et une ambition assumée ont nourri sa croissance.
Côme Fouques - On oppose souvent réglementation et innovation. Pour nous, les évolutions réglementaires sont de puissants moteurs de croissance : notre métier consiste précisément à simplifier et automatiser les obligations des entrepreneurs. La loi Macron de 2015, qui a libéralisé les métiers du droit et du chiffre, est à l’origine de notre création. La facturation électronique , qui entrera progressivement en vigueur au 1er septembre, est une nouvelle opportunité. En mai, un rappel du ministère de l’Economie a provoqué un pic d’inscriptions à nos services. Bercy est notre meilleur VRP ! La réforme représente d’abord une contrainte, mais elle permettra ensuite de libérer les entrepreneurs et bénéficiera à l’ensemble de l’économie.
J’ai créé une entreprise de services informatiques quand j’étais en prépa. Elle fonctionnait, mais des limites se sont révélées : celle du potentiel – il n’y avait pas d’effet d’échelle sur ce marché – et celle de l’ennui – les mêmes tâches se répétaient. Puis j’ai lancé Une minute pour comprendre , une chaîne YouTube de soutien scolaire dédiée aux maths. Les utilisateurs adoraient le service, mais la monétisation était difficile. Et une fois le bac obtenu, il fallait reconstruire toute la clientèle. J’ai compris qu’on peut parfaitement exécuter une idée et tout de même ramer à contre-courant. Avec Indy, j’ai donc passé plusieurs mois à retourner le modèle d’affaires dans tous les sens avant de me lancer.
Finalement, la plus grande leçon de mes premiers brouillons entrepreneuriaux, c’est que l’ambition est autoréalisatrice. Il faut penser très grand, avec un haut niveau d’ambition. Cette philosophie impose une exigence à toi-même, mais aussi à tes collaborateurs. Elle permet de recruter les meilleurs talents et de séduire d’excellents investisseurs.
J’ai longtemps eu le syndrome de l’imposteur. Mon passage à San Francisco m’a désinhibé. Je travaillais au développement commercial d’une entreprise française et je rencontrais des dirigeants de la tech et des entrepreneurs locaux. J’ai vu des gars « normaux » réussir des choses extraordinaires. Cela m’a aidé à désacraliser les entreprises américaines et à comprendre que nous avions, en France, les talents et les méthodes pour jouer au même niveau. Je suis rentré avec une ambition décuplée. J’avais des compétences entrepreneuriales, j’avais acquis une culture entrepreneuriale.
C’est le plus grand défi auquel nous avons été confrontés. Après les professions libérales, nous avons voulu servir les petites sociétés. Cette deuxième marche était très haute, peut-être trop avec le recul. Nous avons fait une erreur : transposé trop vite à ces nouveaux clients ce que nous avions appris auprès de notre cible historique. Leurs besoins étaient différents.
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