"Il est passé du côté obscur" : J.D. Vance, sa "stratégie de l’idiot" décryptée par David A. Graham
Quelle mouche a donc piqué J.D.
Vance ? Le vice-président américain sait naviguer en eaux troubles, mais depuis quelque temps, c’est plutôt le hors-piste, voire le hors-sol, qu’il semble pratiquer.
Un jour, il fait mine de ne pas comprendre pourquoi les propos d'un combattant de MMA qualifiant Michelle Obama d'homme peuvent choquer ; un autre, il juge les manifestations "No Kings" d’hypocrites parce que des démocrates avaient applaudi le roi Charles III lors de son discours devant le Congrès américain en avril.
Tout aussi savoureux : sept ans seulement après sa conversion au catholicisme, son conseil au pape Léon XIV d’être "prudent" lorsqu’il parle de théologie.
Un homme trop intelligent pour ne pas saisir les failles de tels raisonnements ? J.D.
Vance "n'est pas un imbécile", alors "pourquoi agit-il comme s'il en était un ?", s’interrogeait cet été David A.
Graham , journaliste à The Atlantic.
Dans cet article , l'auteur de The Project: How Project 2025 Is Reshaping America (Random House, 2025, non trad.) passe en revue toute une série de déclarations absurdes ou de raisonnements indigents, qui tranchent avec le brillant parcours académique et les capacités intellectuelles du personnage.
Provocations, égarements ou stratégie délibérée ? Cet enfant de la Rust Belt, natif de Middletown (Ohio), farouche anti-Trump reconverti pro-Trump, marié à une avocate fille d'immigrés indiens , est depuis longtemps difficile à cerner.
Qui imaginerait au passage qu'avant de devenir l'un des hommes forts de Maga, il avait noué, à Yale, une étroite amitié avec une camarade transgenre ? A quoi joue donc le favori pour porter les couleurs du parti républicain en 2028 ? Dans un entretien à L’Express, le journaliste américain dépeint un personnage ambivalent, à l'ambition démesurée et qui, "à force d'observer Donald Trump, a fini par comprendre à quel point la démagogie grossière fonctionnait." Un personnage dont l’intelligence ne garantit toutefois pas l’habileté politique, démontre-t-il.
L’Express : Dans votre article, vous passez en revue toute une série de sorties absurdes de J.D.
Vance, que l’on retrouvait chez lui dès 2022 mais qui semblent s’être multipliées depuis.
Selon vous, ces sorties relèvent-elles davantage d’une stratégie que de la bêtise.
Pourquoi ? David A.
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