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"En France, on n'accepte pas l'inflation, on est en train de tuer l'agroalimentaire": le patron des industriels répond à Leclerc et alerte sur le décrochage français face à l'Italie et l'Espagne

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"En France, on n'accepte pas l'inflation, on est en train de tuer l'agroalimentaire": le patron des industriels répond à Leclerc et alerte sur le décrochage français face à l'Italie et l'Espagne

Balance commerciale au plus bas, présence faible à l’export comme au plus grand salon mondial du secteur, le Sial: l’industrie agroalimentaire française décroche à l’export. Le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) appelle à un sursaut. Les résultats de l’Observatoire du commerce extérieur agricole et alimentaire, publié mardi par le Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA) sont clairs: quatrième exportateur mondial de produits alimentaires transformés, la France se voit de plus en plus talonnée par ses principaux concurrents européens, notamment l’Italie et l’Espagne.

Et sa balance commerciale agroalimentaire, au plus bas depuis 50 ans en 2025, peine à se relever. Et puis il y a la question des prix. Cette semaine, Michel-Édouard Leclerc a prévenu que les industriels allaient "demander des augmentations de leurs tarifs bien supérieures à 4%".

Alors que le plus grand salon mondial dédié à l'industrie agroalimentaire, le Salon International de l'Alimentation (Sial) ouvre samedi à Paris, nous interrogeons sur ce décrochage Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).

J-F. L.: Depuis 15 ans en France, l'agroalimentaire subit de la déflation tous les ans. Les seules exceptions ont été les deux années de guerre ukrainienne, lorsqu’il a fallu répercuter les hausses des matières premières. Cette pression affaiblit elle aussi les entreprises. Et cette année, la guerre au Moyen-Orient fait exploser les prix de l’énergie et des emballages.

En France, on n'accepte pas l'inflation. Mais si on ne peut pas répercuter les charges sociales, l'énergie, les taxes, les entreprises meurent. On est en train de tuer l'agroalimentaire français, qui crée de l'emploi. Quand Michel-Édouard Leclerc dit qu'il va être très dur avec les multinationales, quand il emmène 50 entreprises à négocier à Amsterdam, cela impacte indirectement toutes les entreprises nationales, car le prix européen devient la référence du pot de rillettes ou de la brique de lait.

J-F. L.: En France, l'agroalimentaire et l'agriculture sont beaucoup plus sous la pression de la distribution que dans d’autres pays comme l'Italie, l'Allemagne ou l'Espagne. Cela réduit nos marges bénéficiaires. En ce moment, nous nous battons notamment à Bruxelles pour réglementer leur recours aux centrales européennes. Mais elles pourraient aussi aider les entreprises françaises à être beaucoup plus concurrentes sur le marché mondial. Pour l'instant, c'est un vœu pieux.

Jean-François Loiseau: Déjà il y a deux ans, les entreprises françaises étaient moins présentes que celles italiennes. Mais à l’époque, l'Espagne était loin derrière la France. Cette année, non seulement l'Italie est encore en tête avec 700 entreprises. Malheureusement, l’Espagne rejoint aussi la France. Bravo à l’Italie et à l’Espagne! Mais cela me navre et me peine, car cela montre une vraie défaillance d'organisation de nos filières agricoles et agroalimentaires.

La France n'est pas au rang auquel elle devrait être.

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