"Ils n'oublient rien !" Le Français DataDome alerte sur les données que l’on confie aux fameux agents IA
Les agents IA ne se contentent plus de lire le web, ils commencent à y faire des achats. Aux Assises de la cybersécurité, Gilles Walbrou, CTO de DataDome, explique pourquoi les sites ne peuvent plus simplement les bloquer, et ce qui l’inquiète vraiment.
Les agents IA ne sont plus de simples bots scriptés, puisqu'ils sont déjà capables de naviguer, de s'adapter, et ils commencent même à acheter sur des sites web, un trafic que l'entreprise française DataDome voit décoller depuis quelques semaines. Rencontré à Monaco avant sa keynote dans le cadre des Assises de la cybersécurité , le directeur technique de l'entreprise, Gilles Walbrou, défend auprès de Clubic une idée qui bouscule les vieux réflexes de la cybersécurité, à savoir qu'un agent IA se juge à ce qu'il fait, pas à son badge. Mais sa plus grande inquiétude se loge ailleurs, dans tout ce que nous confions aux intelligences artificielles sans y penser.
Passé par Dassault Systèmes, Gilles Walbrou a rejoint DataDome en 2019, quand la start-up comptait encore moins de vingt salariés, contre plus de 200 aujourd'hui. Les bots d'hier, rappelle-t-il, suivaient un script rigide, pour aspirer des fiches produits par exemple, et se cassaient les dents au moindre changement de mise en page. On était à mille lieux de parler d' IA agentique . Les agents, eux, reçoivent simplement un objectif, rédigé comme on parlerait à un humain, et décident seuls de la manière de l'atteindre. Grâce aux grands modèles de langage, la technologie derrière ChatGPT, les outils qui aspirent aujourd'hui les contenus « vont accéder à l'information quoi qu'il arrive », même si la page change.
Sur un site, le parcours d'un agent ressemble désormais beaucoup à celui d'un internaute, au point que les anciennes méthodes de détection peinent à faire la différence. DataDome parvient encore à les repérer, à leur comportement. Ils restent plus lents qu'un humain, même si l'écart se resserre, et leur visite est plus concentrée, sans pause, ni détour, ni de retour plus tard, mais juste un objectif poursuivi avec méthode. Leurs premiers usages grand public étaient modestes d'ailleurs. Avec Comet, le navigateur IA de Perplexity, on les voyait surtout se charger de la corvée de connexion, avant que l'humain ne reprenne la main pour faire son shopping.
Les choses changent avec Muse, chez Meta, et Dots, chez OpenAI , des agents capables d'aller jusqu'au paiement. Ces achats restent anecdotiques et surtout américains, puisque ces services ont d'abord été lancés outre-Atlantique. Mais avec les nouveaux agents apparus ces deux dernières semaines, DataDome repère « un début de trafic que je qualifierais un peu d'exponentiel », autrement dit une courbe qui commence à s'envoler, nous dit Gilles Walbrou.
Le CTO n'est pas pressé pour autant de confier sa carte bancaire à une IA, faute de pouvoir vérifier la sécurité promise. « Est-ce que vous feriez confiance à Meta pour faire vos courses ? Moi non », assure-t-il, honnête.
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