Pour une fois, ne pas répondre poliment au SMS d'un inconnu peut vous sauver la mise
Si vous répondez à un SMS inconnu, même pour signaler une erreur, votre numéro de téléphone vaut aussitôt plus cher sur le marché noir. Votre liste de contacts peut être revendue pour quelques centimes, jusqu’à la cible, qui se négocie en euros par des réseaux d’escroquerie organisés.
L’hameçonnage par SMS, le smishing , fonctionne ne cible pas tout de suite un numéro au hasard. Un numéro seul, extrait d’une base de données piratée, ne rapporte presque rien à son revendeur. En revanche, dès qu’un destinataire réagit, même par une phrase courte comme « je ne connais pas cette personne », ou « désolé, vous avez fait une erreur de numéro », il passe pour actif et sa valeur augmente. Des courtiers spécialisés croisent ensuite ce numéro avec d’autres fuites de données, comme la base de 533 millions de comptes Facebook diffusée en 2021, pour en déduire un âge, une adresse ou une tranche de revenus. C’est ce profil obtenu, dit « qualifié », qui intéresse directement des réseaux organisés, capables de monter des campagnes d’arnaque sentimentale ou financière.
Si quelqu'un répond, poliment ou sur un ton agressif, voire menaçant, son numéro passe pour actif. Selon les chercheurs de Malwarebytes, « vous avez vu le message et avez ressenti le besoin d'y répondre. Cela vous place immédiatement parmi les 15 à 20 % des numéros les plus actifs ». Un « stop » sec ou une insulte comptent donc comme une politesse pour ce système de valorisation des numéros. Le délai avant cette réponse compte également. Les réseaux en déduisent, à partir de ce délai, la fréquence à laquelle une cible consulte son téléphone et une estimation de son fuseau horaire, puis calculent un score de vulnérabilité fondé sur ce temps de réponse et sur la longueur des messages échangés. Vous l'aurez compris, les numéros dont le destinataire est silencieux ne valent donc rien et restent dans la fourchette basse du marché.
Des opérateurs délèguent la conversation à des chatbots IA Et pour rentabiliser davantage et plus rapidement leurs opérations, les réseaux utilisent des modèles de langage libres, Llama ou Mistral , pour gérer plusieurs milliers de conversations en parallèle et attribuer un score de vulnérabilité à chaque échange en temps réel. Un opérateur humain prend ensuite le relais pour les profils les plus prometteurs, jusqu’à l’étape financière. Dans le scénario le plus lent, l’échange dure deux à trois semaines avant la première mention d’un investissement. Une plateforme de trading truquée affiche ensuite des gains fictifs, par exemple 1 560 euros pour un dépôt initial de 434 euros, avant de disparaître avec les fonds au moment du retrait. Par ailleurs, comme on vous en parlait récemment sur Clubic, des chercheurs de quatre universités, dont celles de Venise et de Melbourne , ont mesuré l’écart d’efficacité entre chatbot et interlocuteur humain, sur une semaine, auprès de vingt-deux volontaires.
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