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Janis Joplin, choisir sa route

France Culture ·
Janis Joplin, choisir sa route

En 1963, Janis Joplin est étudiante à Austin au Texas aux États-Unis. Passionnée de musique et en révolte contre sa famille, la jeune fille fait partie de la génération beatnik. Sa soif de liberté la pousse à prendre la route jusqu’à San Francisco.

1963. Austin. Texas. Une jeune fille marche au bord de la route. Accompagnée d’un ami, Chet Helms, elle attend qu’une voiture les prenne en stop. Il est tard mais personne ne s’arrête. Habillée en jean, t-shirt noir et sandales mexicaines, la jeune fille est épuisée. Chet lui dit de rester patiente. Tiens, voilà, une voiture ! Le conducteur demande leur direction. San Francisco. Il accepte de prendre les deux noctambules. La jeune fille qui monte s’appelle Janis Joplin. Elle vient tout juste d’avoir 20 ans.

Quand la voiture démarre, Janis pense à tout ce qu’elle laisse derrière elle. Ses parents qui vivent à Port Arthur au Texas. Une famille austère, dévote, accrochée coûte que coûte aux coutumes et traditions. Elle leur a écrit une lettre pour leur dire qu’elle prenait la route. Son inscription aux Beaux-Arts d’Austin, ce n’est pas si grave si elle l’abandonne. Les cours l'ennuient à mourir. En plus, des étudiants viennent de l’élire "mec le plus moche du campus". Le coup de poing de trop dans sa courte vie. Partir, ce n’est pas une question, c’est une nécessité. À Austin, fini la vie de débauche dans l’alcool à enchaîner les flops dans les bars miteux. À San Francisco, Janis veut réaliser son rêve : devenir chanteuse. Dans la voiture, Chet, son ami aux cheveux roux et aux larges lunettes, a réussi à négocier pour qu’on mette un peu de musique. Histoire d’oublier tout le pétrin. De la musique, mais pas n'importe laquelle. La chanteuse Odetta. Cela vous va, demande le conducteur ? Janis répond : "Ok Man".

Après deux jours en stop, Janis et Chet arrivent à San Francisco. En 1963, la ville est le royaume des beatniks. Janis en fait partie. Dans son adolescence, elle a lu Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti et toute la bible de sa génération. Mais ce qu’elle voit dans cette ville de la côte Ouest, c’est une autre dimension. Des jeunes s’assoient en groupe sur les trottoirs, font la fête, chantent à n’importe quelle heure et boivent de l’alcool à foison. La liberté, c’est San Francisco. Ici, Janis s’est fixé un objectif : lancer sa carrière musicale. Coup de pouce. Chet possède un réseau. Grâce à lui, Janis chante dans des coffee houses enfumés et alterne entre folk et blues. Accompagnée de son autoharp, elle chante seule et a capella. Janis forme peu à peu son public.

Au fil des semaines, Chet s’éloigne de son amie. Dans le sous-sol miteux où elle vit, Janis se met à consommer des liqueurs fortes et surtout… de la drogue. L’héroïne, le smack, est pour elle un catalyseur d’énergie. Pour chanter le blues, se dit-elle, il faut faire l’expérience de la douleur et multiplier les excès. Avec l’alcool et la drogue, Janis s’isole, rate un rendez-vous avec une compagnie de disques et se fait même arrêter pour vol à l’étalage ! Les coffee houses lui ferment leurs portes un à un.

Janis ne connaîtra ses premiers succès en musique qu’à partir de 1967.

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