Maxime Carmignac : "La première fois que je suis entrée dans l'entreprise de mon père, on m'a vue comme une espionne"
A 46 ans, Maxime Carmignac copilote avec son père cette référence de la finance européenne qui gère près de 45 milliards d’euros d'actifs.
Elle interviendra en qualité de grand témoin lors du colloque organisé par L'Express ce jeudi 24 septembre à Paris, au théâtre Marigny : "Entreprises familiales : le maillon clé de notre souveraineté".
L'Express : Vous dites être entrée deux fois chez Carmignac, la première par devoir, la seconde par choix.
Maxime Carmignac : Après mes études à l’Essec, j’avais envie de faire mes preuves chez d’autres acteurs de la finance.
J’ai travaillé chez Morgan Stanley, puis Lazard.
Un soir, lors des vacances d’hiver, j’annonce à mon père que j’ai décroché un poste chez McKinsey.
Un cadeau de Noël, pensais-je.
Au lieu de me féliciter, il me rabroue : "Le conseil ? A quoi bon ?" A 26 ans, je rentre donc chez Carmignac, pour gérer un fonds.
Je n’étais pas à ma place.
On me voyait comme une espionne, ou l’enfant d’une divinité...
Assez vite, je me suis sentie malheureuse car mon parcours méritocratique s’en trouvait anéanti.
Avec mon père, nous avons eu quelques discussions, franches.
Je suis partie au bout de deux ans, à New York, dans un hedge fund, pour découvrir la gestion alternative, spécialité qui n’était pas le fort de Carmignac.
J’ai appris, et je suis revenue auprès de mon père à 30 ans, en sachant cette fois-ci ce que je voulais vraiment faire : structurer les équipes, trouver de nouveaux talents, réfléchir aux produits financiers de demain.
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