"Elle ment comme elle respire" : Alice Weidel, la "princesse de glace" de l'AfD prise au piège de sa radicalisation
La "princesse de glace".
Alice Weidel sait qu’on la surnomme ainsi à cause de son caractère.
Froide, cassante, autoritaire voire dominatrice, la cheffe de l’extrême droite allemande a l’amabilité d’une gardienne de prison.
"Sa rhétorique est de plus en plus agressive mais elle plaît aux électeurs", constate Wolfgang Muno, politologue à l’Université de Rostock.
Ce n’est pas un hasard si cette "princesse de glace" est apparue, trois jours après le triomphe de son parti en Saxe-Anhalt , le 6 septembre, en veste et chemise blanches, dans l’enceinte du Bundestag (Assemblée fédérale).
Enivrée par le succès, les yeux furibonds et le doigt levé comme une institutrice devant ses élèves, elle a savouré chacune de ses attaques contre sa proie principale : Friedrich Merz .
Ses phrases étaient articulées avec une lenteur calculée pour mieux torturer un chancelier penaud sur le banc du gouvernement : "Monsieur Merz, les citoyens ne vous ont pas seulement sanctionné, ils ont pulvérisé votre parti ! La CDU ne gagnera plus jamais une élection !", a-t-elle crié, avant d’ajouter : "Les électeurs nous donneront les clés du pouvoir.
Et nous les prendrons !" Puis elle s’est tournée vers les bancs du Parti social-démocrate (SPD), où quelques députés protestaient avec véhémence contre ses violentes attaques islamophobes.
"Vous pouvez vous moquer.
Mais vos électeurs, mesdames et messieurs du vieux Parti social-démocrate, sont désormais NOS électeurs !" À 47 ans, la coprésidente de l’Alternative für Deutschland (AfD) ne s’est jamais sentie aussi forte, sûre des prochaines victoires de son parti à Berlin et dans le Mecklembourg, le 20 septembre.
"Elle a clairement l’objectif de devenir chancelière", insiste Wolfgang Muno.
Il y a cinq ans, les "experts" avaient fixé le potentiel électoral de l’AfD à moins de 20 %.
Les derniers sondages donnent le parti à presque 30 %, soit près de 10 points devant la CDU.
Alice Weidel est désormais en mesure de prendre la chancellerie.
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