Apple inaugure M6, la puce des prochains Macbook : qu’est-ce qui change ?
Douze cœurs, deux Neural Engine, une gravure en 2 nm : la fiche du M6 en met plein la vue. Reste à savoir ce qui accélère vraiment sur votre prochain Mac, et ce qu’Apple ne dit pas.
Depuis le M1 de novembre 2020, Apple déroule à peu près la même partition : une puce de base d’abord, puis les déclinaisons Pro, Max et Ultra qui suivent au fil des mois. Le M6 présenté ce mardi 25 août rompt avec cette routine, puisqu’il arrive seul (les versions musclées attendraient le M7, si les rumeurs disent vrai). Et il a vocation à voyager, du Mac mini dès aujourd’hui au MacBook Pro d’entrée de gamme et à l’ iMac pressentis pour l’automne, avant le MacBook Air et l’iPad Pro évoqués pour 2027.
Sur le papier, le M6 gagne deux cœurs de processeur par rapport au M5, douze contre dix. Le détail de la répartition raconte autre chose : deux cœurs « super », quatre cœurs « performance » et six cœurs « efficience », là où le M5 alignait quatre gros cœurs et six petits. Autrement dit, Apple a divisé par deux le nombre de ses cœurs les plus puissants sur sa puce grand public. Le vide est comblé par une catégorie intermédiaire apparue en mars sur les M5 Pro et M5 Max (où elle remplaçait purement et simplement les cœurs efficience).
Pour se représenter la brigade, pensez à une cuisine de restaurant : deux chefs pour les plats compliqués, quatre cuisiniers qui abattent le gros du service en consommant moins, six commis pour les corvées de fond (mises à jour en arrière-plan, indexation de vos fichiers). Le vocabulaire a changé en cours de route : les cœurs « super » du M6 sont les cœurs « performance » du M5 rebaptisés au printemps. Les nouveaux « performance », présentés comme inédits, ressemblent surtout à des cœurs efficience remis en forme . Les processeurs de smartphones fonctionnent depuis des années avec trois étages de cœurs ; sur une puce M de base, c’est en tout cas une première.
Côté chiffres, Apple revendique pour ce cœur « super » « la performance monocœur la plus rapide du monde » , un titre déjà décerné au M5 Pro en mars. Elle annonce aussi 20 % de mieux en multicœur face au M5, avec deux cœurs de plus pour y parvenir. La comparaison avec le M1 (2,4 fois plus rapide, nous dit-on) fait joli dans un communiqué, mais elle mesure surtout six ans d’écart dans la gravure. Aucun chiffre, en revanche, sur la vitesse d’un seul cœur face au M5, la comparaison qui aurait vraiment compté. L’explication la plus plausible tient à la surface de silicium. Un cœur « super » est énorme, la gravure en 2 nm coûte cher, et quatre cœurs moyens rendent probablement plus de services par millimètre carré que deux gros de plus. Les tests indépendants trancheront, surtout sur les logiciels qui n’exploitent que trois ou quatre cœurs.
Le Neural Engine, ce bloc de la puce réservé aux calculs d’intelligence artificielle, a longtemps été le parent pauvre des fiches techniques. Seize cœurs sur le M1 de 2020, seize sur le M5, seize encore sur les M5 Pro et M5 Max ; seul l’Ultra en cumule trente-deux, grâce à ses deux puces Max accolées.
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