Chine, CIA, Iran... De l’opium au fentanyl, quand la géopolitique se shoote aux drogues
C'est la face cachée de la géopolitique.
Alors que le narcotrafic est souvent appréhendé au niveau local, toute l’originalité de La drogue au pouvoir de Benjamin Sire (Editions du Cerf) est d’élargir la focale.
Comme l'explique le journaliste, rédacteur en chef des Electrons libres , la drogue représente "à la fois une arme d’intoxication sociale, une monnaie d’échange diplomatique et un moyen de financer le terrorisme ou la guerre".
Au XIXe siècle, l'opium a servi aux puissances coloniales pour soumettre la Chine de la dynastie Qing.
L’empire britannique met en place un commerce triangulaire : l’Inde fournit les champs de pavot, l’opium est vendu clandestinement en Chine, ce qui permet au Royaume-Uni de racheter du thé, une drogue bien moins dangereuse prisée par ses citoyens.
L’opium provoque deux guerres conclues par les traités de Nankin (1842) et Tianjin (1858), ouvrant la Chine aux intérêts étrangers.
A la fin du XIXe siècle, près de 10 % de la population chinoise souffre d'addiction.
A l’arrivée au pouvoir de Mao en 1949, encore 20 millions de Chinois sont dépendants.
Le régime saura s’en souvenir...
La France coloniale fait également de l’opium un pilier de l’Indochine, avec un véritable monopole d’Etat.
S’installe un "apartheid pharmacologique" : les fumeries se multiplient à Hanoï ou Hué, tandis que la France interdit le produit, bien consciente de ses ravages en matière de santé publique.
En 1912, la Convention internationale de l’opium encadre l’opium, la morphine, la cocaïne et l’héroïne, mais les puissances coloniales freinent des quatre fers.
En Indochine, le Parti communiste en fait une bataille idéologique, dénonçant le "poison impérial".
Le jeu trouble de la CIA Durant la guerre froide, c’est au tour de la CIA américaine de jouer un rôle trouble dans le trafic d’héroïne.
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