"La tête, c'est fragile" : ces villes et départements qui rendent le casque obligatoire sur les trottinettes électriques
Blandine Costentin Publié le jeudi 23 juillet 2026 à 17h41 Mis à jour le vendredi 9 octobre 2026 à 11h45
Quatre-vingt personnes sont mortes en 2025 dans des accidents de trottinettes électriques et engins apparentés. Face à la hausse de l’accidentalité, de plus en plus de villes et départements imposent des normes de sécurité, comme le casque obligatoire. Au niveau national, la réflexion est en cours.
Rapide, flexible, prisée des jeunes générations, la trottinette électrique est aussi, de plus en plus, symbole d’incivilités, de vitesse mal contrôlée et d’accidents graves. En 2025, selon les chiffres de la Sécurité routière , on déplore 80 morts chez les utilisateurs d’EDPM, les engins de déplacement personnel motorisés, une catégorie qui désigne principalement ces trottinettes, mais aussi les mono-roues, gyropodes et hoverboards. Cela représente 35 tués en plus qu’en 2024. Le nombre de blessés graves est en hausse de 33%. Et en 2026, ça ne s’arrange pas : dans le bilan de juin, la mortalité augmente de 39 % sur 12 mois.
Face à ces chiffres, municipalités et préfectures ont décidé de sévir, non seulement en accentuant les contrôles, mais en imposant des équipements de sécurité, à commencer par le casque, qui n’est pas obligatoire dans la réglementation actuelle.
C’est en 2019 que les trottinettes sont entrées au code de la route , pour se mettre en phase avec les nouvelles mobilités. Dès cette date, la plupart des règles actuelles sont déjà en vigueur : en agglomération, il faut circuler sur la piste cyclable ou, à défaut, sur la route, mais pas sur les trottoirs ; la vitesse est limitée à 25 km/h ; il est interdit de rouler à deux sur la trottinette ou de porter des écouteurs. Le port du casque et d’un vêtement réfléchissant sont alors fortement recommandés. L'assurance est obligatoire .
En 2023 , l’âge minimum pour piloter une trottinette électrique passe de 12 à 14 ans et les sanctions en cas d’infractions sont renforcées : transporter un passager ou circuler sur une voie interdite vous coûte 135 euros. Mais toujours pas de casque obligatoire.
Le port du casque est pourtant considéré comme un moyen d’atténuer la gravité des chocs , surtout en cas de collision avec un véhicule. “Un pilote de trottinette ne fait pas le poids et n'a pas de carrosserie. Une tête, c'est très fragile" rappelle Didier Soyer, directeur des Robins des routes de la Somme, interrogé par ICI Picardie après deux accidents consécutifs à Amiens et Quend. Le 22 avril, Clément, 23 ans, a justement perdu la vie dans un accident à Amiens. Il ne portait pas de casque. " S'il en avait porté un, il serait certainement encore parmi nous puisque c'est sa tête qui a pris le choc", regrette sa soeur, Justine Monard , pour qui les arrêtés sur le port du casque obligatoire sont "une victoire" .
"Le casque permet de réduire de moitié le risque de traumatisme crânien en cas de chute” , affirme Philippe Surot, directeur de l'association Prévention routière en Bourgogne-Franche-Comté, sur ICI Auxerre , “ça fait des années qu'on milite pour qu'il soit obligatoire. Si vous comparez avec les sports d'hiver, aujourd'hui, tous les skieurs ont un casque.
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