« Wagner : les pouvoirs du Ring » : l’anneau maudit ne cesse de fasciner
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Cycle monumental de quatre opéras d’une durée totale de quinze heures, conçu sur près de trente ans, « l’Anneau du Nibelung » de Richard Wagner (1813-1883) a atteint une gloire sans pareille et connu de multiples reprises et détournements. Surnommé « le Ring » ou « la Tétralogie », il continue, cent cinquante ans après sa première, à fasciner.
Pour composer cette histoire d’un anneau maudit forgé avec de l’or volé qui, en exacerbant les passions des dieux, des humains et autres créatures, entraîne trahisons et morts, Wagner a puisé dans les mythologies germanique et nordique.
Dès son introduction, ce documentaire résume sa postérité : « Le grand œuvre de Wagner a été récupéré par les nazis, pillé par Hollywood et repris à l’envi par les groupes de heavy metal. » Un destin ambivalent, à l’image du compositeur allemand, ce « révolutionnaire qui vit de l’argent des riches » , selon le réalisateur Andy Sommer. Financé par la bourgeoisie, Wagner se fait construire à Bayreuth, en Bavière, un théâtre dédié à son œuvre. La musicologue Friederike Wissmann rappelle que le musicien était « antisémite, sexiste, chauvin ».
Auteur en 1850 du « Judaïsme dans la musique », pamphlet haineux, il deviendra le compositeur préféré de Hitler et sera vénéré par les nazis. La « Chevauchée des Walkyries » est ainsi utilisée dans les actualités cinématographiques allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale pour illustrer batailles ou bombardements. Au cinéma, Coppola en a fait un usage devenu légendaire pour accompagner un raid d’hélicoptères dans « Apocalypse Now » (1979).
Le compositeur rêvait d’un art total. « L’expérience sensorielle totale imaginée par Wagner, qui mêlait l’image et la musique, c’est finalement le cinéma qui l’a concrétisée de façon magistrale », souligne le metteur en scène Andreas Homoki. Les mises en scène du « Ring » ont elles aussi déchaîné les passions : celle de Patrice Chéreau, en 1976, fit scandale avant de devenir un classique ; celle de Valentin Schwarz, en 2022, fut accusée de copier la série « Succession ».
De quoi confirmer le jugement du baryton basse Tomasz Konieczny : « La “Tétralogie” contient tous les possibles. »
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