ÉDITORIAL. Derrière Pisa, les enjeux de l’école
L’enquête Pisa , sortie cette semaine, révèle les résultats les plus bas jamais enregistrés, en mathématiques et en compréhension de l’écrit, chez les élèves français de 15 ans. On pourrait se consoler en se disant que le niveau baisse dans presque tous les pays. Mais même s’il est impératif de ne pas sombrer dans le sentiment de déclinisme, ce rapport est une alerte.
11 millions d’élèves ont fait leur rentrée cette année. D’ici à 2035, ils pourraient être 1,7 million de moins. Cette baisse démographique réduirait mécaniquement la dépense publique d’environ 3,4 milliards d’euros (1). Mécaniquement, précisent bien les auteurs de cette projection, car la problématique est ailleurs. L’enseignement est l’un des grands enjeux du budget de l’État. Il semble évident qu’il sera, comme d’autres, l’objet des discussions budgétaires à venir, plombées par la dette.
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D’abord car moins d’élèves dans une classe, c’est la possibilité d’améliorer l’accompagnement du corps enseignant. Amorcée, cette tendance doit rester une priorité. Ensuite, moins de moyens pour l’école, c’est… moins d’écoles, évidemment au détriment de certains territoires, ce qui ne ferait qu’aggraver une fracture déjà marquée. Enfin, économiser 3,4 milliards d’euros de budget, quand l’augmentation annuelle de la charge de la dette est de 4,5 milliards… L’équation s’annonce complexe.
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Car les enjeux qui attendent les générations futures sont tels que la communauté éducative devra s’emparer de nouvelles thématiques : comment faire évoluer nos enfants dans le monde de l’intelligence artificielle ou l’adaptation face aux enjeux climatiques ? L’arrivée des réseaux sociaux, et leur impact sur les plus jeunes, a prouvé la nécessaire prise en main de ces lourds sujets sociétaux par le monde de l’école.
Enfin, il faudra favoriser l’implication d’acteurs essentiels : les parents. Pour diverses raisons, ils peuvent être loin de l’école. Or, ils ont un rôle à jouer dans l’accompagnement de leur enfant dans le système scolaire. C’est aussi à cette condition que l’ascenseur social de « l’école républicaine » pourra fonctionner.
Enseigner que toute connaissance comporte le risque de l’erreur et de l’illusion, faire connaître ce qu’est l’être humain, faire comprendre que l’humanité partage un destin commun sur une même planète, apprendre des stratégies pour faire face à l’imprévu… Ce sont quelques-uns des fondamentaux que le philosophe Edgar Morin jugeait indispensables aux élèves dans « Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur », publié en 1999.
L’école est aussi l’endroit où les inégalités peuvent être gommées, pour donner sa chance à tous. Où on apprend à vivre en société. Où l’on s’arme intellectuellement pour faire partie de la Cité. Une contribution essentielle à notre vie démocratique.
(1) Rapport de l’Institut des politiques publiques publié en juin 2025.
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