François Charles (Normale Sup) : portrait d’un mathématicien en première ligne du séisme déclenché par OpenAI et Anthropic
Le sol s’est ouvert sous les mathématiciens.
En moins d’un mois, l' IA générative a débloqué des énigmes qui les occupaient depuis des décennies.
Le 6 octobre, OpenAI leur a porté le coup de grâce en dévoilant, d’un coup d'un seul, 722 manuscrits mathématiques, dont un relié à un problème du Millénaire, la célèbre hypothèse de Riemann.
Chemise impeccable, regard joyeux, le directeur du département de mathématiques et applications de Normale Sup, François Charles est au cœur de ce grand chambardement.
Avec huit scientifiques internationaux, il siège dans un nouveau conseil indépendant chargé de recommander aux laboratoires IA une manière responsable de diffuser leurs percées mathématiques.
Hébergée à Princeton, cette instance baptisée AGMAI réunit des sommités comme Camillo De Lellis, Edward Witten, Timothy Gowers, Melanie Matchett Wood, Martin Hairer, Nikhl Srivastava, Ulrike Tillmann et Ravi Vakil.
"L’IA a fait des progrès phénoménaux en mathématiques”, observe François Charles.
Les premières versions de ChatGPT se trompaient sur de bêtes additions .
Car, au lieu de réaliser l'opération, elles cherchaient à prédire les caractères les plus probables après une séquence chiffrée.
Sur des additions simples, très présentes dans les documents d'entraînement, cela faisait parfois illusion.
Ailleurs, les erreurs étaient légion.
Le choc des 722 manuscrits d'OpenAI "Aujourd’hui, les LLM sont devenus hybrides : le système reconnaît quand un calcul s’impose et appelle un programme - calculatrice, ou autre - pour le faire proprement.
Il identifie les cas où une recherche est requise pour éviter l’erreur.
Bref, il réfléchit à la question, aux outils nécessaires pour y répondre au mieux, les utilise et se vérifie”, explique-t-il.
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