« Six jeunes sur dix recommandent les acteurs digitaux à leurs parents » : pourquoi les banques françaises doivent accélérer leur révolution
La montée en puissance de Revolut symbolise la nouvelle ère numérique poussée par les jeunes clients. Les banques doivent s’adapter pour capter ces profils stratégiques.
Le passage du fondateur de Revolut à Paris le 14 septembre, une semaine avant la présentation du plan stratégique de Slawomir Krupa, directeur de Société générale , marque un symbole. Celui d’un paysage bancaire français en pleine révolution. L’obtention d’une licence bancaire française par Revolut , une nouvelle concurrente dans la catégorie « banque principale de ses clients », illustre l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les établissements traditionnels : le virage du digital.
Certes, grâce à leur modèle bien diversifié, ces derniers ont réalisé des bénéfices records au premier semestre. « En cumulé, ils ont dépassé 20,3 milliards d’euros, en hausse de 17 % », précise Arnaud Bourdeille, associé chez KPMG. Mais ils sont sous pression pour accélérer leur adaptation aux nouvelles habitudes des clients qui, désormais, ouvrent un compte sur deux par le canal digital.
En comparaison de leurs consœurs européennes, la rationalisation de leur réseau accuse du retard : le territoire compte encore 450 agences pour 1 million d’habitants contre 50 aux Pays-Bas. « Une agence sur trois de la zone euro est en France », souligne la FFB. Une exception à corriger, car elle constitue un véritable « handicap structurel en matière de coûts » comme le souligne Deloitte dans son étude « Banking Trends 2026 » : « leur coefficient d’exploitation [part des revenus absorbée par les charges] atteint en moyenne 61,3 %, contre 54 % en Europe et moins de 45 % pour les néobanques digitales ».
Bien sûr, le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) va ouvrir de nouvelles perspectives d’efficacité. Mais attention, le déferlement de l’IA générative dans la relation clients est aussi une révolution aux effets encore inconnus. Répondre au « client augmenté », alimenté par les conseils en épargne de ChatGPT , est un défi redouté. Un quart des moins de 35 ans utiliseraient déjà l’IA pour s’informer sur les produits financiers, et un tiers suivrait ses recommandations…
Face à l’offensive des néobanques, toujours plus innovantes dans le domaine, les acteurs traditionnels ripostent donc tous azimuts. Hello bank !, la banque en ligne de BNP Paribas, a déployé avec Mistral un assistant conversationnel, tandis que LCL s’apprête à lancer L by LCL, une enseigne 100 % digitale.
Tous cherchent à capter la jeune clientèle , qui n’a d’yeux que pour Revolut et consorts. « Six jeunes sur dix recommandent les acteurs digitaux à leurs parents, en faisant basculer ensuite un sur trois », avertit Julien Bet, à Bain & Cie. Au fait de cette nouvelle donne, Caisse d’épargne a rendu gratuite son offre aux 11-28 ans, et Crédit agricole vient de lancer le paiement mobile dès l’âge de 10 ans. Comme BoursoBank. « Nous sommes déjà la banque principale de 52 % de nos clients », affirme cette filiale de Société générale, qui en compte 9 millions.
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