Colloque sur la psychanalyse à l'Assemblée : "Les députés doivent réfléchir aux effets de tels événements"
Nous, associations représentantes de personnes autistes, demandons à l’Assemblée nationale de s’interroger sur l’impact du colloque "Pourquoi défendre la psychanalyse ?" du 14 octobre 2026, et de veiller à ne plus accueillir de tels événements au Palais Bourbon.
Autistes sans frontières, Agir et Vivre l'Autisme, et Autisme et TND Info Service vous demandent, alors qu’il n’est plus possible, à quelques heures de sa tenue, de solliciter l’annulation du colloque "Pourquoi défendre la psychanalyse ? Pour une clinique du sujet", annoncé ce 14 octobre au Palais Bourbon, alertent sur les conséquences de l'accueil dans l’enceinte de l’Assemblée nationale de tels événements.
Organisé par la députée Chantal Jourdan, avec l’École de la cause freudienne comme invitée d’honneur, ce colloque affiche notamment pour objectifs de défendre "l’utilité publique de la psychanalyse" et "la pluralité des pratiques".
Son programme relève ainsi d’une démarche de promotion d’une approche dont l’accueil au sein de la représentation nationale risque de renforcer la légitimité médicale et institutionnelle.
Dans le domaine de l’autisme, cette légitimation contredit les recommandations de la Haute Autorité de santé publiées le 12 février 2026 .
Elles classent explicitement la psychanalyse parmi les interventions non recommandées pour les nourrissons, les enfants et les adolescents autistes.
Elles préconisent des interventions développementales et comportementales, précoces, personnalisées et régulièrement évaluées, associant les familles.
La position de l’autorité scientifique chargée de guider les pratiques est donc claire : la psychanalyse ne constitue pas une intervention recommandée dans l’autisme.
Une revendication thérapeutique ne saurait tenir lieu de preuve Cette exigence d’évaluation ne date pas d’aujourd’hui.
Dès 2004, l’expertise collective de l’Inserm, Psychothérapie : trois approches évaluées , relevait que les études disponibles sur les thérapies psychodynamiques chez l’enfant et l’adolescent, rétrospectives et dépourvues de groupe témoin, ne permettaient pas de conclure à leur efficacité .
Elle soulignait parallèlement les résultats des programmes éducatifs et comportementaux précoces dans l’autisme.
Ce rapport ne permet pas d’affirmer une inefficacité universelle de toutes les psychothérapies d’inspiration psychanalytique ; il établit cependant qu’une revendication thérapeutique ne saurait tenir lieu de preuve.
La pluralité des pratiques ne dispense pas de démontrer leur efficacité.
Elle ne peut justifier que des interventions non recommandées soient présentées comme des alternatives équivalentes aux accompagnements préconisés par la HAS.
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