Au parc de Branféré, une application évalue le bien-être des animaux
Faire cohabiter 1 500 animaux de 195 espèces différentes, dont la grande majorité ne vient pas d’ici, n’est pas chose aisée. Même en disposant de 45 hectares de terrain dans la belle campagne du sud-Morbihan, à la frontière avec la Loire-Atlantique.
Ouvert au public depuis 1965, le parc animalier de Branféré a toujours eu une approche empathique des animaux qu’il abrite. Au point d’accueillir, depuis 1990, les premiers animaux menacés d’extinction et appartenant à des programmes d’élevage européens. Alors 60 ans plus tard, quand les dirigeants ont eu l’opportunité de travailler avec un laboratoire nantais pour mettre au point une application permettant aux soigneurs de mieux interpréter les comportements animaliers, ils ont sauté sur l’occasion.
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Depuis 2025, tous les soigneurs utilisent Welfare Monitor, une application développée en partenariat avec le bureau d’étude nantais Akongo pour contribuer au bien-être de chaque espèce. Jusqu’alors, les études des soigneurs portaient sur 80 critères, et leurs chronophages sessions d’observations limitaient leur étendue à une douzaine d’espèces par an. « Désormais, les soigneurs évaluent le bien-être de leurs pensionnaires sur 30 critères en 15 minutes et l’application nous permet de couvrir toutes les espèces. Nous ciblons ainsi les évaluations complètes sur les espèces les nécessitant », explique Alexandre Petry, directeur zoologique du parc et éthologue.
C’est d’ailleurs grâce à ces évaluations poussées que les dirigeants du parc animalier ont envisagé de modifier leurs méthodes. « Les études plus poussées nous ont encouragés à modifier le nombre de repas des primates et la difficulté d’accès à la nourriture poursuit l’éthologue. Un repas qui prenait auparavant 20 minutes demande aujourd’hui une heure. Ça implique plus de diversité comportementale, et ça produit des selles de meilleures qualités. » Difficilement accessible, cette nourriture cachée invite les animaux à se comporter davantage comme dans leurs milieux naturels. Un vieux couple de loutres, quasi aveugle et inactif, a ainsi retrouvé une seconde jeunesse depuis que ses repas lui demandent astuces et dextérité.
Les animaux ne sont pas les seuls à bénéficier des dernières évolutions. Depuis l’année dernière, la ferme a été redynamisée grâce à l’accueil de nouvelles espèces comme la chèvre des fossés, la poule coucou de Rennes ou le mouton Zwartbles, particulièrement résistant à la pluie. « C’est le seul endroit où on peut toucher les animaux, ce qui est très apprécié des enfants », sourit l’éthologue. D’ailleurs, pour faciliter l’approche de ces derniers, un bar à brosse est à la disposition du public pour câliner les bêtes.
Parc de Branféré, Le Guerno. Ouvert tous les jours de 9 h 30 à 19 h 30. Tarif adulte à partir de 27,90 €, enfant de 3 à 12 ans à partir de 20, 90 €.
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