"C'est une drogue": les professionnels de santé, largement favorables à l'interdiction des boissons énergisantes aux moins de 16 ans
Un rapport de Sandrine Runel (PS) et Yannick Neuder (LR) qui préconise l'interdiction des boissons énergisantes pour les moins de 16 ans vient d'être publié ce mercredi. Celui-ci pointe les risques pour la santé des jeunes, plus consommateurs de ces boissons. RedBull, Monster, Crazy Tiger, Ciao Energy ou encore Vody ... Autorisées à la vente depuis 2008, les boissons énergisantes, à base de caféine, de taurine, et même parfois d'alcool, ont de plus en plus la cote auprès des consommateurs français, et notamment les plus jeunes.
Les ventes ont, en effet, augmenté de 14,8% en volume en 2025, selon des chiffres du cabinet NielsenIQ et relayés par le magazine spécialisé LSA . Le chiffre d'affaires a, quant à lui, bondi de 24,3% pour atteindre près de 780 millions d'euros.
Un rapport, provenant de "la mission d'information sur l’exposition des jeunes aux boissons énergisantes et aux boissons alcoolisées prêtes à boire" et copiloté par les députés Sandrine Runel (PS) et Yannick Neuder (LR), ancien ministre de la santé, vient d'être dévoilé ce mercredi 7 octobre sur RMC .
Dans ce dernier, plusieurs propositions ont été formulées. Parmi elles, l'interdiction de ces boissons aux moins de 16 ans et leur retrait des distributeurs automatiques. Et pour cause, c'est un phénomène qui "touche plus les collégiens et les lycéens, voire les élèves de primaire", nous pointe Marc Rozenblat, président du syndicat national des médecins du sport.
Le rapport souligne ainsi que si ces boissons "ne posent pas de risque sanitaire en population générale", chez les enfants et adolescents, cette consommation "peut bel et bien engendrer des effets nocifs". Mais alors, que pensent les professionnels de santé de cette mesure? Et quels sont les risques réels pour la santé? Explications.
Pour le président du syndicat des médecins du sport, c'est "une bonne proposition". "J'y suis totalement favorable. Les députés prennent conscience que c'est un enjeu de santé publique. Ces boissons sont loin d'être anodines pour les enfants et les adolescents, elles présentent plus de risques pour eux que pour les adultes. C'est une drogue", affirme-t-il.
Un constat partagé par Florence Pujol, diététicienne-nutritionniste. "Je suis ravie que la question se pose, d'autant que d'autres pays, comme le Québec et la Norvège, ont déjà franchi le pas", nous avance-t-elle. De même pour d'autres pays de l'Union européenne comme la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Roumanie, la Hongrie ou encore la Bulgarie.
D'un point de vue sanitaire, "il n'y a aucun argument positif et il n'y a rien de bénéfique" autour de ces boissons, assure Marc Rozenblat. Dans le détail, celui-ci pointe d'abord des problèmes cardiovasculaires. Ces boissons avec de la caféine "augmentent la fréquence cardiaque et la pression artérielle, et donc les risques d'accidents cardiaques et transitoires".
L'autre problématique, c'est qu'elles "agissent sur le système nerveux et excitent plus, ce qui peut provoquer maux de tête et tremblements".
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