Rentrée littéraire : de Sonia Devillers à Thélyson Orélien, dix romans à découvrir absolument
Il n’y a pas que la première liste du Goncourt (dévoilée ce mercredi 2 septembre) dans la vie de l’édition.
Après notre passage en revue des dix événements de la rentrée et une première série de coups de cœur , voici la suite de nos recommandations subjectives, auxquelles on souhaite le meilleur.
C’était ça ou mourir , de Thélyson Orélien Loin de Carrefour-Feuilles Paru au mois de mars au Québec, le premier roman de Thélyson Orélien C’était ça ou mourir connaît immédiatement le succès : ventes massives, traductions en 22 langues, les prémisses d’un phénomène.
Dans une langue sensuelle, ce récit plein d’humour suit le périple de Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géo, contraint de fuir son village, Carrefour-Feuilles, un quartier de Port-au-Prince devenu "un cendrier géant, un cimetière sans tombes".
L’enseignant, fils d’une couturière et d’un pêcheur fainéant, emporte son diplôme, une photo de sa mère, "un slip propre" et "un carnet où j’écrivais des poèmes que personne ne lirait jamais".
Commence l’exode à travers douze pays, la République dominicaine, le Brésil, la traversée en radeau entre le Pérou et l’Équateur, la marche dans la jungle du Darien, des milliers de kilomètres parcourus en compagnie silencieuse d’Haïtiens, de Vénézuéliens, de Cubains, de Togolais et d’un Chinois, des mères, des enfants et des vieillards, qui cheminent, trébuchent, pleurent, et parfois meurent, jusqu’à la frontière des États-Unis.
Là, dans un camp de migrants, l’attente d’un rendez-vous absurde via l’application CBP One.
Puis, le Canada, but du périple, atteint par le chemin Roxham, point de passage aujourd’hui impraticable.
À Montréal, les fonctionnaires examinant sa demande d’asile l’appellent pour la première fois par son patronyme.
Bien que fictive, l’histoire est nourrie de l’expérience vécue par l’auteur.
Roman-odyssée, chronique de l’exode, le livre, par la grâce d’une puissante écriture, rappelle, dans les pas de Jonas, de Thélyson et de leurs frères, que "partir ce n’est pas seulement chercher une vie meilleure, c’est surtout refuser que sa vie, même brisée, ne compte pour rien".
Emilie Lanez C’était ça ou mourir , par Thélyson Orélien.
Grasset, 266 p., 21,50 €.
Nous aussi , d'Anne Godard La laideur discrète de la bourgeoisie C’est une famille de la grande bourgeoisie intellectuelle, une tribu catholique du Quartier latin, un clan soudé qui vit - grands-parents, parents, enfants, frères, sœurs, tantes, cousins… - dans différents appartements d'un même immeuble haussmannien entre Panthéon et boulevard Saint-Michel, et l’été migre dans une grande maison dans les Alpes, nommée le "Château".
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